La Nuit de la lecture des Liseuses

Grâce à un partenariat avec France 3 NoA, nous avons participé à la Nuit de la lecture en enregistrant pour la chaîne de courts extraits d’oeuvres de notre choix. Karine et Yves se sont joints à nous pour l’occasion.
Une belle façon de vous présenter des livres que nous aimons…

Ceux que je suis d’Olivier Dorchamps

Ceux que je suis, par Olivier DorchampsMais pourquoi notre père a-t-il voulu être enterré au Maroc ?
C’est la question que se posent ses trois enfants Ali, Marwan et Foued. Ils sont nés à Clichy, et leurs parents, bien que d’origine marocaine, n’ont jamais été pratiquants. Avec leur mère, ils vivent en France. Leur père ne parlait pas souvent du Maroc alors ils ne comprennent pas. Ils découvrent que tout a été prévu : Tarek avait pris une assurance décès qui comprend le rapatriement du corps en avion et la prise en charge des frais pour un accompagnant désigné. C’est Marwan, le prof d’histoire, qui a été choisi par leur père. Ce qui ne fera qu’augmenter la colère d’Ali, son frère jumeau. Celui-ci partira en voiture avec Foued et leur mère.
La route de Clichy à Casablanca est longue mais la traversée en voiture est l’occasion de se souvenir, de partager des larmes mais aussi de ressentir «l’étrange bonheur de se retrouver ensemble ».
Voici un roman qui prend son temps pour monter en puissance dans l’émotion. C’est un temps nécessaire pour poser l’histoire et les liens entre les personnages. Ceux que je suis nous parle d’une famille qui n’est pas liée que par les liens du sang. Rien que le titre du roman me bouleverse, maintenant que je sais ce que Kabic et Mi Lalla, la grand-mère, vont révéler à Marwan. Au-delà du secret de famille, c’est une histoire du Maroc qu’il découvre, lui l’historien qui croyait savoir. Il sera confronté à des traditions ancestrales où le respect de la femme est souvent bafoué.
« Dans une société où l’arrivée d’un fils est souvent fêtée et celle d’une fille maudite, la virginité exerce une dictature à laquelle les femmes n’ont d’autre choix que de se soumettre. La tradition a la vie dure, et si le Coran recommande à tous l’abstinence jusqu’au mariage, celle-ci n’est imposée qu’aux femmes. »
Ce retour vers ses origines est aussi pour Marwan l’occasion de s’interroger sur son existence. Etre fils de maghrébin est toujours quelque chose de compliqué :
« Je suis né en France. Je n’ai jamais vécu au Maroc, je ne me sens pas marocain. Et pourtant, où que je sois, en France ou au Maroc, je n’ai pas le choix de ma propre identité. Je ne suis jamais ce que je suis. Je suis ce que les autres décident que je sois. »
C’est ainsi qu’il se définit au début du roman, mais ce voyage initiatique lui permettra de trouver sa place pour continuer à avancer.
Babeth, 25 novembre 2019

L’appel de Fanny Wallendorf

L’appel de Fanny Wallendorf est un roman galvanisant, parfait pour débuter l’année avec vigueur et optimisme.

Dans les années 60, Richard Fosbury est un adolescent dégingandé et fantasque. Sportif, il s’entête à faire du saut en hauteur sa spécialité bien qu’il peine à franchir la barre en appliquant la technique du ciseau, seule homologuée par les autorités de l’époque. Au point que ses entraîneurs se félicitent quand le jeune Richard passe la barre par en-dessus… Mais Richard est mu par une force intérieure qui le pousse à s’améliorer. Instinctivement, au cours d’un meeting scolaire, il efface la barre en position dorsale, et non en ciseau. Stupéfaction et incompréhension s’en suivent. Lire la suite

Pour Noël, offrez des livres !

Noël approche, il est temps de choisir des cadeaux pour vos proches ou vous-mêmes. Pas de panique : les Liseuses sont là et avec elles leurs idées de livres…

Notre wishlist littéraire concoctée exprès pour vous, amis followers :

Le blues du boxeur de Michael Enggaard est un roman sympathique et plein d’humour, idéal en cette fin d’année. On y suit Franck qui a du mal à se défaire de ses échecs passés et doit composer avec un père très présent, et Ellen, infirmière à la fois terre à terre et grande rêveuse. L’idylle se noue subtilement entre Franck et Ellen avec comme toile de fond le quartier populaire de Versterbro à Copenhague. La traduction du danois est excellente car elle a su garder le tutoiement de mise au Danemark et restituer l’humour de la langue. Un roman agréable à lire, une jolie lecture d’hiver à mettre sous le sapin sans hésiter.

La femme à part de Vivian Gornick. Parce qu’elle arpente New York, ville-monde. En se promenant dans New York, Vivian Gornick raconte sa ville et se raconte. La femme à part n’est pas un roman autobiographique classique mais plutôt un pèle-mêle d’anecdotes, d’instants de vie. Vous pouvez aussi préférer le premier volet de cette entreprise biographique : Attachement féroce...

Une bien étrange attraction est l’un des premiers romans de Tom Robbins. En ces temps froids et tumultueux, il nous faut de la fantaisie et la magie du cirque pour nous donner l’énergie nécessaire et le sourire pour finir cette année. À consommer sans modération !

 

Comment, vous ne connaissez pas encore Cookie Mueller ? Figure incontournable du New York underground des années 70-80, Cookie est une conteuse des temps modernesDans Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir, elle nous régale avec des histoires qui ont jalonné sa vie, des anecdotes racontées sans fard, avec un naturel irrésistible et une simplicité attachante. Une écriture libre et hors norme à découvrir de toute urgence.

Les Liseuses, 18 décembre 2018

Auletris d’Anaïs Nin

Auletris est un recueil de deux nouvelles érotiques inédites d’Anaïs Nin qui mêlent agréablement désir, imagination et érotisme féminins dans une ambiance joyeuse et élégante.

Ce recueil a été retrouvé en 1985 dans une vente aux enchères à Baltimore, alors que les spécialistes d’Anaïs Nin pensaient tout connaître de sa production érotique. Il aura fallu attendre plus de trente ans pour qu’un éditeur américain le publie en 2016, et deux ans de plus pour que les éditions Finitude nous le fassent découvrir en français.

La première nouvelle d’Auletris est une version inédite de «Marcel», un texte que l’on retrouve en version abrégée dans Vénus Erotica, lui aussi recueil de textes érotiques d’Anaïs Nin. L’on y suit les hésitations paralysantes d’un homme fasciné par une femme libre. De fil en aiguille, l’auteure dresse le portrait d’hommes d’après leur vie sexuelle. Dans «La vie à Provincetown», seconde nouvelle du recueil, elle raconte une ville à travers la vie sexuelle de certains de ses habitants. Le point de vue est insolent ce qui n’est pas déplaisant. Lire la suite