D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds

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La vie naît par les mots et la mort habite le silence. C’est pourquoi il nous faut continuer d’écrire, de conter, de marmonner des vers de poésie et des jurons, ainsi nous maintiendrons la faucheuse à distance, quelques instants.

Révélé par sa trilogie Entre ciel et terre, La tristesse des anges et Le cœur de l’homme (Folio) dont je vous conseille vivement la lecture, Jón Kalman Stefánsson nous revient avec ce roman au titre étrange : D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds, servi par la traduction du talentueux Eric Boury.Lire la suite »

Conversation avec Audur Ava Olafsdottir

Un café avec Audur Ava Olafsdottir, Lire en Poche 2014L’auteure islandaise Auður Ava Ólafsdóttir, dont nous avons déjà chanté les louanges dans un précédent post, était présente lors de Lire en poche, à Gradignan. L’occasion rêvée pour nous de rencontrer une femme étonnante, drôle et extrêmement attachante.

Vous avez déclaré que la femme écrivain était moins présente et plus discrète sur la scène littéraire que ses homologues masculins. Comment l’expliquez-vous ? Je ne l’explique pas, je le vis. Il y a beaucoup de bons écrivains femmes, même s’il y a beaucoup plus d’hommes dans les organisations d’écrivains. Je trouve étrange cette absence des femmes écrivains. Il y en a vraiment beaucoup qui n’arrivent jamais à faire entendre leur voix et qui sont tellement originales, ont tellement de choses à dire… Je lis surtout de la poésie islandaise, et je crois bien que tous les poètes que je préfère sont des femmes.Lire la suite »

Une perle rare venue d’Islande

Retenez bien ce nom, même si ce n’est pas facile : Auður Ava Ólafsdóttir. Née en 1958 à Reykjavik, directrice du Musée de l’Université d’Islande et professeur d’histoire de l’art, cette écrivain islandaise connaît un succès grandissant en France, d’abord avec son roman Rosa Candida (2010), puis l’Embellie (2012) et l’Exception (2014), tous parus chez Zulma.

rosa-candida-audur-ava-olafsdottir-liseuses-de-bordeauxRosa Candida Rosa candida sonne comme un récit initiatique et poétique, celui d’Arnljotur, jeune Islandais de 22 ans qui choisit de quitter son île pour se consacrer à sa passion, l’horticulture. Dans ses bagages, le jeune homme n’emporte que deux choses qui lui sont chères : la photographie de sa fille, fruit d’un amour d’une nuit, et les boutures d’une espèce très rare de roses, la rosa candida, variété que sa mère cultivait dans la serre familiale avant de mourir accidentellement. Parti travailler à l’embellissement de l’une des plus célèbres roseraies du monde, réputée pour la variété des roses qu’on y cultive, ce jeune homme s’accomplit comme adulte : par ce cheminement et au bout du chemin, son existence prend sens.Lire la suite »

La lettre à Helga

bergsveinn-birgisson-la-lettre-a-helga-liseuses-de-bordeaux« Je laisse mon esprit vagabonder alentour, sur ces mêmes collines qui sentaient bon le soleil, il y a si longtemps. C’est à peu près tout ce que je puis faire à l’heure qu’il est. »

Coup de coeur des libraires édité par Zulma, La lettre à Helga a tout pour plaire. Et tout pour me plaire aussi, puisque son auteur, Bergsveinn Birgisson, est islandais.

Sentant sa mort proche, le vieux Bjarni se confesse dans une lettre adressée à la femme qu’il a aimée il y a plus de soixante ans mais qu’il n’a jamais épousée, Helga.
« Je compris que je ne réussirais jamais à me libérer de ton emprise – j’aurais soif de toi jusqu’à mon dernier souffle. Je ne me fiche pas mal d’écrire cela, Helga; je ne suis qu’un vieillard qui n’a plus rien à perdre. »Lire la suite »