Les vieux ne pleurent jamais

celine-curiol-les-vieux-ne-pleurent-jamais-liseuses-de-bordeaux

Judith Hogen, soixante-dix ans, est une actrice à la retraite, et surtout veuve depuis une année. Elle semble avoir quitté le monde, celui Brooklyn où elle vit, celui de son passé artistique à New York, celui d’une famille qu’elle a peu à peu abandonnée en quittant la France, bien des années auparavant. Elle apparaît comme recluse dans les objets du passé conjugal, en proie à une solitude qu’elle supporte aussi mal que les présences un peu débordantes de vie ou simplement insistantes, comme celle de sa voisine Janet Shebabi.Lire la suite »

Les heures silencieuses de Gaëlle Josse

gaelle-josse-les-heures-silencieuses-j-ai-lu-liseuses-de-bordeaux

Je m’appelle Magdalena van Beyeren. C’est moi, de dos, sur le tableau. […] J’ai choisi d’être peinte, ici, dans notre chambre où entre la lumière du matin.

Nous avons découvert Gaëlle Josse par la lecture de son roman Le dernier gardien d’Ellis Island, livre qui avait provoqué beaucoup d’enthousiasme parmi nous. Cette fois-ci, à tour de rôle, Lætitia et Marisa partagent leur coup de cœur pour son premier roman, écrit en 2011, Les heures silencieuses.

L’histoire. Delft, 1667. Au moment où sa vie est traversée par un terrible drame, Magdalena, femme d’un riche armateur, commence la rédaction de son journal intime.Lire la suite »

Notre château d’Emmanuel Régniez

emmanuel-regniez-notre-chateau-liseuses-de-bordeaux

Depuis la mort accidentelle de leurs parents, Octave et Véra vivent retirés du monde, reclus dans une grande maison baptisée « Notre Château ». Le frère et la sœur ne fréquentent personne et ne reçoivent aucune visite. Rien ne trouble cette dyade fraternelle composée depuis une vingtaine d’années, à l’abri du temps et des regards, nichée dans cette forteresse familiale.

Les seuls visiteurs autorisés sont les livres qu’Octave part acheter chaque semaine à la librairie du centre ville.

Lire, c’est leur seule façon d’être au monde.Lire la suite »

Un homme, ça ne pleure pas

faiza-guene-un-homme-ca-ne-pleure-pas-liseuses-de-bordeaux

Le titre est éloquent et évoque, d’emblée, quelques tabous sociétaux et les places bien séparées des hommes et des femmes. Faïza Guène nous offre ici un superbe roman dans lequel nous suivons pas à pas le chaos d’une famille algérienne, empêtrée dans des conflits intergénérationnels nés de l’acculturation.
Un père, ancien cordonnier, analphabète, tente de s’adapter à d’autres destins pour ses enfants. Une mère, une mère « pieuvre », dévorante d’amour autant que nourricière, agrippée à ses propres repères de femme. Des enfants qui grandissent et dont la liberté fait peur.
C’est une jolie histoire de destins croisés, et de frères et sœurs si différents… Le texte est léger, semé d’humour, un texte qui ne juge pas.

Et puis de très beaux passages…

Les joues de ma mère sont douces et encore bien rebondies. Ses rides, ce sont les lignes du livre qu’elle n’a jamais pu écrire. C’est l’histoire de sa vie qui se dessine dans le coin de ses yeux. Les plis sur son front, ce sont autant d’inquiétudes, d’attentes à la tombée de la nuit…

Laetitia, 19/02/2016