Des havanes à la Maison-Blanche

styronConstitué de quatorze essais, ce recueil posthume de William Styron a été publié en 2011 grâce à sa veuve Rose et son biographe.
En plus de constituer un témoignage intéressant sur son époque, ce livre présente l’intérêt de mieux appréhender l’oeuvre de cet auteur américain connu du grand public pour Les confessions de Nat Turner ou Le choix de Sophie, tous deux sujets à polémique.

Fumeur de havanes aux côtés de JFK en plein embargo sur les produits cubains, patient traité pour syphilis dans un hôpital militaire en 1944, intellectuel invité à la cérémonie d’investiture de François Mitterrand, William Styron revient sur les sujets qui lui sont chers : l’esclavage et la ségrégation raciale, la sexualité dans une société puritaine, la guerre, l’appréhension de sa propre mort.Lire la suite »

Philippe Labro, l’homme pressé

J’ai assisté dernièrement à une conférence donnée par Philippe Labro à l’occasion de la sortie de son livre On a tiré sur le Président, édité chez Gallimard.  Je n’ai jamais lu un seul livre de lui, mais le sujet, l’assassinat de JFK, me passionne.
La salle est comble, la moyenne d’âge avoisine… les 80 ans.
A son arrivée, Philippe Labro est assez froid. On a peine à croire à de la timidité. Il grimace, se plaint de grésillement émis par les deux micros disposés sur la table. On se rappelle alors qu’il est journaliste depuis plusieurs décennies, que c’est un pro.
Lorsque l’animateur l’interroge, Philippe Labro l’interrompt pour rectifier ses propos. Il montre un certain agacement devant ses imprécisions, on se rappelle qu’il a l’habitude de cela, que les interviewes, il connaît cela, il en a lui-même fait des centaines. On le sent peut-être légèrement blasé.

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Dans la brume électrique… allumez la lumière

burkeNew Iberia, Louisiane. Deux femmes sauvagement assassinés sont retrouvées, victimes d’un tueur en série. Dans un marécage, un corps momifié ressurgit, entravé par des chaînes. Dave Robicheaux, inspecteur de police, mène l’enquête.

Décrit de la sorte, le roman policier de James Lee Burke pourrait passer pour un polar « classique », mais il n’en est rien.
En choisissant la Louisiane du Sud comme décor, l’auteur nous plonge dans l’obscurité des bayous, marécages à la végétation luxuriante.
« Devant notre fenêtre de chambre, les pacaniers étaient immobiles et gris, trempés d’humidité sous la fausse aurore. Puis les premières rougeurs du soleil vinrent percer la cime des arbres du marais, telle une allumette phosphorée qu’on aurait frottée contre le ciel« .
L’oeil n’est pas le seul sens éprouvé dans ce récit. Avec beaucoup de finesse, James Lee Burke parvient à restituer jusqu’aux odeurs fétides dégagées par ces corps en décomposition, baignant dans des eaux saumâtres et stagnantes….
Lorsque l’inspecteur Robicheaux est victime d’hallucinations, des troupes de soldats confédérés morts depuis des lustres apparaissent dans ce décor, rendant l’atmosphère encore plus oppressante, encore plus fantomatique.
Mais je ne vous en dirai pas plus…
Un livre à lire de toute urgence, de préférence en plein jour.

Par Marisa