Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

jonas-jonasson-le-vieux-qui-ne-voulait-pas-feter-son-anniversaire-liseuses-de-bordeauxde Jonas Jonasson

Voilà de quoi donner du rythme à la grisaille de cet hiver… Si vous êtes grippé, en carence de vitamine D, à l’hôpital, ou simplement en état d’hibernation, voilà une histoire rocambolesque, et le mot n’est pas faible, qui excitera votre curiosité…

Allan Karlsson vient d’avoir cent ans et s’échappe de sa maison de retraite quelques instants avant une fête organisée pour lui, sans son consentement. On se prend assez vite de sympathie pour ce personnage qui ne manque pas d’énergie et de sang-froid et qui rencontre une série d’autres originaux, plus ou moins dans la légalité…

C’est un style facile et un humour truculent, une façon de revisiter l’histoire du monde d’une manière assez peu croyable…mais on se prend au jeu. On pourrait reprocher à ce récit un peu de longueur, mais vous pouvez sauter quelques pages sans perdre le fil de ce polar insolite. Bref, une littérature assez décalée, une best-seller prévisible, mais qui fait du bien !

Laetitia, 28/02/2016

Le signal de Ron Carlson

ron-carlson-le-signal-liseuses-de-bordeauxMack et Vonnie se retrouvent au départ d’un sentier dans les montagnes de Wind River, dans le Wyoming, pour effectuer leur dernière randonnée ensemble. Mack a dérivé régulièrement depuis la mort de son père et ses difficultés financières se sont accumulées au point de remettre en question sa possession du ranch familial auquel il est particulièrement attaché. Pour purger ses dettes, il accepte des petits boulots, souvent illégaux, qui ne l’aident en rien et certainement pas à récupérer le ranch. Au contraire, ils accélèrent sa chute vers les bas-fonds de la société et de sa conscience.Lire la suite »

Un homme, ça ne pleure pas

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Le titre est éloquent et évoque, d’emblée, quelques tabous sociétaux et les places bien séparées des hommes et des femmes. Faïza Guène nous offre ici un superbe roman dans lequel nous suivons pas à pas le chaos d’une famille algérienne, empêtrée dans des conflits intergénérationnels nés de l’acculturation.
Un père, ancien cordonnier, analphabète, tente de s’adapter à d’autres destins pour ses enfants. Une mère, une mère « pieuvre », dévorante d’amour autant que nourricière, agrippée à ses propres repères de femme. Des enfants qui grandissent et dont la liberté fait peur.
C’est une jolie histoire de destins croisés, et de frères et sœurs si différents… Le texte est léger, semé d’humour, un texte qui ne juge pas.

Et puis de très beaux passages…

Les joues de ma mère sont douces et encore bien rebondies. Ses rides, ce sont les lignes du livre qu’elle n’a jamais pu écrire. C’est l’histoire de sa vie qui se dessine dans le coin de ses yeux. Les plis sur son front, ce sont autant d’inquiétudes, d’attentes à la tombée de la nuit…

Laetitia, 19/02/2016

Paul Auster : « Écrire est une expérience physique »

paul-auster-la-pipe-d-oppen-liseuses-de-bordeauxLe dernier roman de Paul Auster paru en français était Sunset Park (2011). Cette fois-ci, après avoir publié deux récits résolument autobiographiques, Chronique d’hiver et Excursions dans la zone intérieure (un livre qui m’est tombé des mains), l’auteur américain nous revient en librairie avec La pipe d’Oppen, un recueil d’essais, discours et préfaces, quatorze textes couvrant une période de 2001 à 2015.

Que vous soyez complètement accro à Paul Auster ou que vous n’ayez jamais rien lu de lui, cet ensemble de textes est une belle occasion de pénétrer son univers romanesque, de percevoir son cheminement intellectuel et de comprendre plus intimement son rapport à l’écriture.Lire la suite »