Le signal de Ron Carlson

ron-carlson-le-signal-liseuses-de-bordeauxMack et Vonnie se retrouvent au départ d’un sentier dans les montagnes de Wind River, dans le Wyoming, pour effectuer leur dernière randonnée ensemble. Mack a dérivé régulièrement depuis la mort de son père et ses difficultés financières se sont accumulées au point de remettre en question sa possession du ranch familial auquel il est particulièrement attaché. Pour purger ses dettes, il accepte des petits boulots, souvent illégaux, qui ne l’aident en rien et certainement pas à récupérer le ranch. Au contraire, ils accélèrent sa chute vers les bas-fonds de la société et de sa conscience.

Le couple qu’il forme avec Vonnie ne résiste pas à ces difficultés et s’effrite lentement, jusqu’au jour où Vonnie décide de le quitter. Depuis ce jour, de l’eau a coulé sous les ponts, et Mack s’est ressaisi. Pour sceller sa rédemption et reconnaître la fin de son couple, Mack convie Vonnie à passer un dernier moment avec lui dans des paysages qu’ils affectionnent tous les deux.

Si vous ouvrez Le Signal de Ron Carlson après avoir lu les commentaires de la presse littéraire et que vous vous attendez à un « thriller époustouflant » ou encore à un « grand drame amoureux », vous allez être très déçu (c’est mon cas). Ce roman n’est ni un thriller ni un drame. C’est juste un roman à l’écriture un peu expédiée et construit en deux parties presque distinctes.

Le suspense est artificiellement posé dans la deuxième partie du roman et ne fait pas sens avec le début. Ron Carlson greffe en effet une course contre des braconniers furieux d’avoir été vus à l’œuvre par Mack et Vonnie, alors que la première partie du roman est centrée sur la rédemption de Mack.

Pourquoi ? Est-ce que l’auteur a pensé que l’histoire d’une rupture ne suffirait pas aux lecteurs ? Est-ce qu’on lui a imposé cette course poursuite pour rendre son roman plus conforme à certains critères de vente ? Quoi qu’il en soit, elle balaye l’intensité de la relation de Mack et Vonnie et la relègue au second plan. La poursuite n’apporte rien, elle est traitée de manière bien ordinaire… Et oui, les braconniers ont des armes et ils s’en servent, et pas seulement contre des animaux. Ah, l’Ouest sauvage…

Pourtant l’idée de départ m’a beaucoup séduite – c’est elle qui m’a attirée : un couple en rupture part faire sa dernière randonnée dans les majestueuses Wind River. La randonnée comme outil pour prendre du recul sur son couple et sa vie fonctionne bien dans la première partie du roman, tout comme l’opposition entre l’intime et le grandiose, le passé et l’avenir. C’est cette partie du roman que j’ai préférée. Mais tout dérape avec l’ajout de la lutte armée avec les braconniers, qui fait basculer le roman dans la série B. C’est dommage.

J’aime beaucoup les éditions Gallmeister, qui m’ont permis de découvrir le nature writing. Mais elles m’ont habituée à des choix plus éclairés.

Florence, 23/02/2016

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2 réflexions sur “Le signal de Ron Carlson

  1. Moi non plus Florence je n’ai pas tellement apprécié ce livre. Je me suis passablement ennuyée, même si le sujet était original et pouvait laisser supposer un récit plein de suspense. Il y a un je ne sais quoi qui ne prend pas, tout simplement. Je lis actuellement Retour à Oakpine, le dernier roman de Ron Carlson, peut-être m’enthousiasmera-t-il davantage ?

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