La colère des aubergines, de Bulbul Sharma

Bulbul Sharma est indienne, elle est peintre et écrivaine et partage sa vie entre Dehli, Londres et un petit village aux contreforts de l’Himalaya. Elle a fait des études de littérature à Moscou. Elle écrit et donne des cours d’art plastique pour enfants handicapés. Trois de ses recueils de nouvelles ont été traduits et publiés à l’étranger.

La colère des aubergines est un recueil de nouvelles qui mettent les mets et les saveurs de la cuisine indienne au cœur du récit. Chacune des nouvelles débouche d’ailleurs sur une ou plusieurs recettes, évoquées dans l’histoire qui précède : c’est ainsi qu’on découvre les saveurs du pickle de mangue, du chutney à la menthe, du curry d’aubergines au yaourt et j’en passe… qu’on salive aux effluves de coriandre, de cumin et de curcuma.

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Le passager, de Cormac McCarthy

Ce roman publié par Cormac McCarthy seize ans après son dernier livre, et juste avant Stella Maris, est tel la somme d’un tout qui n’est pas toujours identifiable tant de directions et de pistes sont empruntées sans qu’aucune ne soit véritablement nommée ni refermée. Bobby Western traverse littéralement cette « somme ». Il est à l’intersection de chaque morceau d’histoire qui se tisse autour de lui sans que jamais il ne parvienne à y adhérer vraiment. Quel nom déjà : « Bobby Western » ! Un nom de lonesome cowboy et c’est bien ainsi qu’il apparaît au lecteur, ombre de lui-même depuis qu’il a perdu sa sœur qu’il s’est empêché d’aimer d’un amour total, transcendant les liens fraternels. On ne voit en effet pour ainsi dire de lui durant tout le roman que l’ombre derrière laquelle Cormac McCarthy l’abrite comme pour lui épargner un surplus de réalité qui n’a plus aucune résonance pour lui.

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Têtes hautes, de Cathy Ytak

J’avoue : si on me met un livre de Cathy Ytak entre les mains, j’y vais sans réfléchir. L’avantage de la connaître un peu et de beaucoup l’apprécier. Et si en plus ça parle de lutte féministe à une époque (nous sommes en 1924) où les femmes n’avaient pas leur mot à dire : alors j’y vais franco !

Têtes hautes pour parler de jeunes filles vivant en Bretagne, et qui « dès qu’elles sont en âge de porter une coiffe » vont travailler sans compter leurs heures dans une conserverie. C’est le cas de deux sœurs : Yarik et Angèle. Têtes hautes pour parler également d’Irina et de ses filles, Carol et Suzanne. Elles sont bourgeoises, vivent à Paris, n’ont pas de souci pour manger ou s’habiller, mais elles ont aussi, à leur manière, un grand besoin d’indépendance. Que ce soit par la volonté de travailler comme un homme, la façon de s’habiller ou le refus d’épouser un bon parti, elles veulent être libres de leurs choix. Alors qu’Angèle doit partir travailler à Paris au service d’Irina comme domestique, Yarig s’engage avec les autres penn sardin dans une grève pour qu’elles cessent d’être exploitées.

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