Canada de Richard Ford : deux Liseuses s’affrontent

canadaON N’AIME PAS

Canada de Richard Ford ou comment achever un pavé de 476 pages

Au départ, ce roman n’est qu’une nouvelle de 20 pages, écrite en 1989. Sans doute parce qu’il ne se sent pas prêt à l’écrire, Richard Ford la met de côté, dans une enveloppe.  Entre temps, d’autres romans prennent vie et le mènent au succès, notamment en 1996 où il remporte le prix Pulitzer de la Fiction et le PEN/Faulkner Award pour son roman Independance.Lire la suite »

Des vents contraires d’Olivier Adam

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Editions de l’Olivier, 2008. Disponible en Points

Olivier Adam parrain de Lire en Poche 2013 !! Hélène avait déjà partagé avec nous son enthousiasme après la lecture des Lisières, à mon tour de partager ce dernier coup de coeur : Des vents contraires, roman que cet écrivain a publié en 2008.

Adapté au cinéma par Jalil Lespert, Des vents contraires est un roman sur l’absence, sur la survie.

Depuis un an, Sarah a disparu. Paul, son mari, reste seul avec leurs deux enfants, sans comprendre la raison de cette absence. Avec acharnement, tel un naufragé s’accrochant aux derniers vestiges de son bateau, Paul s’efforce de continuer à vivre sans elle, sans comprendre, sans parvenir à expliquer à ses enfants les raisons de son départ. Pour ses enfants, il invente une vie nouvelle, dans une ville nouvelle, à Saint-Malo. Tous les trois, ils affrontent chaque nouvelle journée comme si c’était la dernière sans Sarah.

A nouveau, Olivier Adam invente un récit sombre, dépressif et mélancolique. Par la force des mots, il parvient à nous faire vivre l’angoisse de Paul, sa révolte, la douleur sourde et lancinante que cette absence provoque. Jamais plaintif ou mièvre, l’auteur parvient à trouver le ton juste, l’authenticité de l’émotion. A lire de toute urgence… sauf si vous souffrez de dépression chronique.

Marisa

No country for old men

cormacLe titre de ce post aurait pu être Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme., comme le traduisent les Editions de l’Olivier, mais je trouve ce titre tellement mauvais que je préfère revenir à l’original.

Nous avions déjà discuté du célébrissime roman de McCarthy La route, couronné par le prix Pulizer en 2007, l’année même où sort l’adaptation de ce roman, No country for old men. Là encore, le regard porté sur la condition humaine est assez désespéré.

Alors qu’il chasse l’antilope à la frontière du Mexique, Llewelyn Moss voit aux jumelles des cadavres et des voitures abandonnés en plein désert. Les corps sont criblés de balles, un homme gît à l’agonie, une cargaison d’héroïne remplit un des coffres.  Plus loin, il découvre une serviette en cuir pleine de billets de cent dollars qu’il emporte.
S’ensuit alors une véritable chasse à l’homme. Des trafiquants de drogue, un tueur à gages, un shérif, un ancien officier des Forces spéciales, tous se mettent à la recherche de Moss, pour le protéger ou lui faire la peau.
C’est là que se révèle le talent de McCarthy.  Une écriture brute, sans fioritures. La justesse des dialogues. Ce brin de nostalgie, aussi, lorsque le vieux shérif, le viel homme du titre, se remémore l’Amérique de ses ancêtres. Et le personnage de Chigurh, le tueur à gages, sans conteste notre personnage préféré.

Marisa