Charlotte, de David Foenkinos. Le coup de cœur de Pauline.

C’est l’histoire d’une fascination. Celle qu’a éprouvée David Foenkinos quand il a découvert l’œuvre de Charlotte Salomon, artiste peintre d’origine allemande et de confession juive, décédée à l’âge de 26 ans. Il s’est senti happé par ses peintures, comme quand on sait, au fond de soi, être en proie à une douce intrusion. Comme une sensation de familiarité, une sorte de vibration interne que l’âme reconnait. Il commence alors un travail de recherche qui durera 8 ans, allant même jusqu’en Allemagne pour découvrir qui était Charlotte, sa vie, son histoire et son destin tragique.  

Lire la suite »

Rentrée littéraire : Sarah, Suzanne et l’écrivain, d’Eric Reinhardt

Le titre de ce roman a une saveur d’entremêlement. Le lecteur va rapidement être aspiré par les vies panachées de ces trois personnages : Sarah, Suzanne et l’écrivain. Sarah a eu une vie compliquée. Elle vit en Bretagne avec un mari taiseux et leurs deux enfants. Son mari la délaissant de plus en plus, elle a provoqué un électrochoc pour le faire réagir en allant vivre ailleurs provisoirement. Le mari s’est alors enfermé dans un silence opiniâtre et ce fut le début d’un enchaînement dramatique pour Sarah. Elle l’a raconté à l’écrivain qui décide d’en faire un roman.

Lire la suite »

La saga des Cazalet, pourquoi un tel engouement ?

Telle est la question qui nécessairement se pose, même si la forme de précédent créé par la série anglaise Downton Abbey constitue peut-être un début de réponse. Mais le parti pris de cette impression de lecture n’est pas du tout de faire un parallèle entre les deux, bien que la saga des Cazalet se déroule dans l’époque immédiatement postérieure, à partir de 1937, et que la psychologie des personnages était, de mémoire, également très détaillée dans cette autre fresque familiale.


Pourquoi, donc ? O combien de réponses possibles à cette question et, me concernant, la réponse « parce que c’est une saga » n’est pas la bonne non plus car je n’en lis que rarement et n’en suis vraiment pas particulièrement à la recherche.
Curieusement peut-être, la première réponse qui me vient est « parce qu’on entre et qu’on s’intéresse à la psychologie des enfants dès le début« . Cet aspect est notable car il est tout de même assez rare de voir des personnages évoluer de l’enfance à l’âge adulte et quand je dis « évoluer », il faut préciser « évoluer de l’intérieur » car Elizabeth Jane Howard alterne en permanence récit général de ce qui arrive à cette famille et incursions dans les pensées de la plupart de ses membres. C’est sans doute ce qui fait que l’on s’intéresse dès le début à chacun des personnages avec acuité, y compris à ceux des enfants tout à la fois voués à leurs propres vies d’enfants et à la contemplation de celles des adultes.

Lire la suite »

Une nuit après nous, de Delphine Arbo Pariente

Mona a épousé Paul d’un second mariage, ils ont eu Rosalie, et puis Mona a rencontré Vincent. Je vous arrête tout de suite, ce n’est pas un roman sur l’infidélité. Oui, Vincent occupe toutes ses pensées. Elle a beau lutter, rien n’y fait. Elle ne comprend pas pourquoi. Ils parlent, beaucoup et Vincent se raconte. En l’écoutant parler de son passé, Mona plonge dans ses propres souvenirs et les failles de son existence.

Vincent devient son confident. Il est curieux d elle. Il veut connaître le plus intime de ses visages.

Cette rencontre sera un déclic. Mona va écrire avec frénésie son histoire familiale. C’est le début de la collision avec elle-même.

J’ai cru que j’aimais Vincent pour oublier, mais je l’aimais pour me souvenir.

Commence alors le cœur du roman.

L’histoire d’une famille de juifs séfarades qui doivent fuir du jour au lendemain la Tunisie en laissant tout derrière eux. Nous sommes dans les années 60 en France, ce pays où ils viennent d’arriver épuisés. La mère de Mona est une des filles de cette famille. Elle a grandi à Tunis dans un quartier huppé. Ils étaient heureux jusqu’à ce que la peur les fasse partir comme des voleurs. La fillette grandit en France dans la privation avant que les choses s’arrangent un peu. A 18 ans, on la marie avec un émigré comme eux. La vie est dure pour ce jeune couple. Pour survivre, ils volent de la nourriture en supermarché. Puis enceinte, la mère porte des vêtements larges pouvant cacher des camemberts et des vêtements pour le bébé à venir. Mais elle n’en peut plus de suivre son époux qui en veut toujours plus.

Lire la suite »