Les lumières de Bullet Park

John Cheever (1912-1982), romancier américain peu connu en France, écrivit Bullet Park en 1969. Bullet Park est une ville de banlieue typique du nord est des Etats-Unis dans les années 60. Les hommes partent travailler chaque matin par un train de banlieue alors que leurs épouses restent à la maison. Le culte du matérialisme, le poids des conventions et des apparences font partie de la vie quotidienne : on va à l’église pour y être vu, on s’inscrit dans un club pour montrer sa carte de visite. L’adultère et la boisson sont aussi monnaie courante.

Le roman s’ouvre sur la famille d’Eliot Nailles et son mode de vie. En apparence, rien à signaler, mais en réalité, tous vont très mal : Tony, son fils, refuse de sortir de son lit, n’arrivant pas à affronter son échec scolaire ; Nellie, son épouse, perd pied avec la réalité ; Eliot prend des médicaments pour se donner la force d’aller travailler chaque jour.Lire la suite »

Rencontre avec Pascal Quignard

Photo M. Pautrel

Comme promis, voici un compte-rendu de la rencontre avec Pascal Quignard proposée par Mollat le 8 décembre dernier à Bordeaux.

Avant tout, précisons que c’est très difficile de résumer une conférence de cet auteur. L’érudition, les citations, le cheminement de pensée, parfois sinueux, rendent ardue toute tentative de retranscription… Je m’y attèle tout de même.

Pour commencer, Pascal Quignard nous a lu deux extraits des Solidarités mystérieuses. Etonnamment, il n’a pas pris le livre des éditions Gallimard pour faire sa lecture, mais a choisi de déplier deux feuillets manuscrits sur lesquels étaient écrits ces passages. Un silence quasi religieux et ému a accompagné cette lecture.Lire la suite »

Un peu de délicatesse …

La délicatesse de David Foenkinos, Gallimard, 2009

Il est dit dans le Sud-Ouest du 13 novembre 2011, que David Foenkinos est le grand perdant de cette rentrée littéraire dans la mesure où son dernier livre Les souvenirs donné favori pour le Goncourt sort bredouille de la grande foire aux prix…. Que celles et ceux qui n’ont pas encore découvert cet auteur se précipitent sur La délicatesse … vrai plaisir de lecture que ce livre dans lequel chacun, chacune peut se reconnaître. Une histoire d’amour pas banale dont je ne dévoilerai rien si ce n’est le ton léger et grave, drôle et …délicat…qui nous laisse une envie de courir pieds nus dans la rosée…. (enfin, vous verrez bien !)

Hélène

Solaire

Ian McEwan

Gallimard, 2011

Ian McEwan est un écrivain anglais, connu en France pour d’autres romans comme : Expiation, Délire d’amour, Samedi

Son univers romanesque est toujours un peu angoissant. Dans ses oeuvres, il s’interroge aussi sur les grands problèmes du monde moderne.

Quand on lit Solaire, on peut se demander s’il s’agit d’un roman sur le réchauffement climatique et les énergies propres. Ou bien si c’est un roman scientifique qui expose différentes théories de physique. L’ensemble est en effet très bien documenté, parfois même un peu ardu.
En fait, toutes ces questions servent de toile de fond aux aventures et mésaventures rocambolesques du personnage principal. Solaire est un roman comique qui met en scène MICHAEL BEARD, ancien Nobel de physique qui n’a plus rien fait depuis qu’il a obtenu le prix et vit sur sa réputation. C’est un homme vieillissant, chauve et corpulent, égocentrique, attaché à ses petites habitudes, hypocrite, cynique et opportuniste; la liste n’est pas close… Ce personnage peu sympathique est un horrible coureur de jupons et semble avoir a priori la faveur des femmes.
L’intrigue est cocasse : marié cinq fois, M  Beard a trompé toutes ses femmes, la cinquième le trompe de retour avec un maçon pas commode. Beard est nommé directeur d’un centre de recherches sur les énergies renouvelables.Lire la suite »