Rencontre littéraire avec Chadia Chaïbi-Loueslati

Jeudi 1 juin, 18h30, il fait très beau à Bordeaux et une vingtaine de personnes sont présentes dans une jolie arrière salle du salon de thé Chat noir cha vert. L’Institut des Afriques et le cercle des Lettres Afro-caribéennes y ont organisé une rencontre littéraire, animée par l’écrivaine Beata Umubyeyi Mairesse, avec l’autrice et illustratrice Chadia Chaïbi-Loueslati.

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Stella Maris, de Cormac McCarthy

Stella Maris, roman de Cormac McCarthy publié en France deux petits mois à peine après Le passager du même auteur, et préquel de celui-ci, constitue une œuvre à part à plusieurs niveaux. Le premier tient à la « stratégie de publication » quasi simultanée de ces deux romans. Stella Maris, publié juste après Le passager, vient en effet en éclairer le propos et les personnages d’un jour manifestement plus net… Je dis « manifestement » car pour ma part je n’ai pas encore lu Le passager mais entendu certains critiques dire qu’ils l’auraient peut-être mieux apprécié s’ils avaient lu Stella Maris avant.

L’originalité de ce roman tient ensuite, de manière indéniable, à sa forme. Stella Maris est en effet un roman sans narration qui consiste uniquement dans la transcription de neuf séances d’entretien entre une patiente et son thérapeute au sein de l’établissement psychiatrique de « Stella Maris » dans lequel Alicia est venue « trouver refuge », ou « se livrer » pourrait-on dire, presque comme on se livrerait aux forces de l’ordre…

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Géographie d’un père, de Pascale Dewambrechies

Dans son troisième roman, Géographie d’un père, paru aux éditions Passiflore en novembre 2022, Pascale Dewambrechies met en exergue une citation de Marguerite Duras : « Ecrire, c’est écrire sur soi. » L’imagination n’existe pas. Son livre, qui se présente pourtant comme un roman avant d’être un récit autobiographique, est le plus personnel de ses trois ouvrages. C’est une vibrante adresse au père disparu. Un père qui s’est éloigné d’elle lorsqu’elle avait 14 ans, mais dont elle a croisé à nouveau le chemin peu de temps avant sa mort, après 25 ans de silence.

Ta mort qui nous sépare, me fait toucher tout ce vide. Immense. Je me demande comment je l’ai comblé, qu’est-ce que j’y ai mis.

La mort du père l’a fait resurgir dans sa vie. Au fil des années qui ont suivi cette ultime rencontre, où rien n’a été dit – nous avons trop à nous dire pour nous dire quelque chose – elle va peu à peu prendre conscience du mal-être que l’absence du père a imprimé en elle, de ce qui souterrainement a produit du malheur.

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Un week-end dans le Michigan et Indépendance, de Richard Ford

C’est avec Un week-end dans le Michigan (1986) que Richard Ford « étrenne » le personnage de Frank Bascombe que l’on retrouve ensuite dans Indépendance (1995, Prix Pulitzer 1996) puis dans L’état des lieux et, plus récemment, En toute franchise.

Des configurations assez similaires pour ces deux romans qui nous font découvrir son personnage, le temps d’un week-end à chaque fois. Dans le Michigan d’abord avec sa petite amie après son divorce et le décès de son fils aîné ; lors d’un week-end prolongé de fête de l’Indépendance du 4 juillet ensuite, durant lequel il se partagera entre une compagne avec laquelle sa relation est en sursis et son fils cadet au comportement saturé de signaux faibles et inquiétants. Dans les deux cas, son ex-femme est là dans le paysage, proche puis plus lointain, lui signifiant une époque définitivement révolue qui reste le marqueur majeur de son existence, une époque où possible et réel n’étaient pas si distendus.

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