Les appartements d’Indochine

les-appartements-d-indochine-stephane-boudy-liseuses-de-bordeauxAvec Les appartements d’Indochine de Stéphane Boudy (Editions Gunten) le lecteur suit un professeur de philosophie dans sa quête d’appartements censés lui procurer des revenus devant lui permettre de vivre de sa plume. Plume qu’il laisse régulièrement traîner du côté de l’Indochine.
Le roman est construit autour des personnages croisés par le narrateur, soit lors de ses recherches d’appartements, soit au cours de son travail de mémoire sur la guerre d’Indochine.
Même si les portraits des banquiers et autres notaires sont jubilatoires, ceux des anciens combattants sont subtils et sobres. Ils donnent à voir beaucoup plus qu’ils ne disent et font la force du roman.
L’écrivain Stéphane Boudy travaille sur la mémoire. Il ne s’intéresse pas tant aux stratégies militaires qu’aux survivants. Dien Bien Phû et les anciens combattants sont racontés sous l’angle de la mémoire et non traités comme un sujet d’histoire. Le regard distancié que porte l’auteur sur les événements renforce d’autant plus le respect qu’il a de ces hommes qui ont subi une défaite.
Le lecteur évolue sans heurts mais avec constance entre matérialisme ordinaire et mémoire de guerre, entre futilité et horreur.
Les appartements d’Indochine proposent une approche subtile de cette période de l’histoire peu enseignée et finalement peu connue.

Florence

Une perle rare venue d’Islande

Retenez bien ce nom, même si ce n’est pas facile : Auður Ava Ólafsdóttir. Née en 1958 à Reykjavik, directrice du Musée de l’Université d’Islande et professeur d’histoire de l’art, cette écrivain islandaise connaît un succès grandissant en France, d’abord avec son roman Rosa Candida (2010), puis l’Embellie (2012) et l’Exception (2014), tous parus chez Zulma.

rosa-candida-audur-ava-olafsdottir-liseuses-de-bordeauxRosa Candida Rosa candida sonne comme un récit initiatique et poétique, celui d’Arnljotur, jeune Islandais de 22 ans qui choisit de quitter son île pour se consacrer à sa passion, l’horticulture. Dans ses bagages, le jeune homme n’emporte que deux choses qui lui sont chères : la photographie de sa fille, fruit d’un amour d’une nuit, et les boutures d’une espèce très rare de roses, la rosa candida, variété que sa mère cultivait dans la serre familiale avant de mourir accidentellement. Parti travailler à l’embellissement de l’une des plus célèbres roseraies du monde, réputée pour la variété des roses qu’on y cultive, ce jeune homme s’accomplit comme adulte : par ce cheminement et au bout du chemin, son existence prend sens.Lire la suite »

Les Liseuses en balade

Les vacances arrivent à grands pas… Voici nos suggestions de lecture pour cet été, en attendant d’autres posts…

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Cet été je mets dans ma valise Freedom de Jonathan Franzen. Ce livre m’a été conseillé par une amie, et vu sa taille ( 700 pages !),  j’attendais d’être en vacances pour l’entamer… Ce roman est une critique de la société américaine des trente dernières années avec, comme personnages principaux, les membres d’une famille de la classe moyenne démocrate. Sportive déterminée à réussir, Patty mène sa vie de femme et de mère comme elle menait adolescente ses matchs de basket. Seulement voila, faut-il envisager la vie comme un combat ? A la manière d’un épisode de Desperate Housewives, l’auteur nous fait partager les désarrois et petitesses d’amis et voisins (parfois républicains !). Cette famille nous offre un point de vue sur la société,  les choix qu’elle a fait (bons ou mauvais) pour avancer, parfois au prix de sacrifices.Lire la suite »

Une enfance de rêve

Dans Une enfance  de rêve, Catherine Millet reconstitue avec précision le cadre dans lequel s’est déroulée son enfance dans les années cinquante, un milieu petit bourgeois de la Garenne Colombes. Le titre, volontairement ambigu, renvoie à la personnalité de la fillette qui traverse son enfance en observatrice du réel : « la vie dédoublée suppose non […]