Nouvelle collection chez Gallmeister

 

neonoir-gallmeister-liseuses-de-bordeaux

Gallmeister est une maison d’édition exclusivement consacrée à la publication d’auteurs américains. Créée en 2005, elle a contribué à faire connaître en France la littérature des grands espaces, le nature writing, avec des auteurs comme Pete Fromm, Bruce Machart ou David Vann.
Début mars, l’éditeur a lancé une nouvelle collection consacrée au roman noir, neo noirNouveau projet éditorial, nouvelle maquette accrocheuse, c’en est plus qu’assez pour éveiller notre curiosité…

Le polar estonien existe, nous l’avons rencontré

Indrek Hargla en 2008 - ©Ekspress
Indrek Hargla en 2008 – ©Ekspress

Vous avez dit… du polar estonien ?

Édité chez Gaïa,  Le spectre de la rue du puits d’Indrek Hargla est un polar qui reprend les codes du roman policier classique.

Melchior, apothicaire curieux et tenace, intrigué par trois meurtres commis presque simultanément à proximité de chez lui mène l’enquête. Les pérégrinations de Melchior promènent le lecteur dans le Tallinn du XVème siècle. Même si l’auteur reconnaît quelques anachronismes, notamment dans les descriptions de remèdes qui sont en fait datés d’une période beaucoup plus récente que celle où se déroule l’action du roman, les mode et rythme de vie dans une ville médiévale sont bien rendus. Indrek Hargla féru d’histoire des mentalités nous plonge dans les modes de pensée, les croyances et les codes relationnels de l’époque.Lire la suite »

La Maison où je suis mort autrefois

la-maison-ou-je-suis-mort-autrefois-keigo-higashino-liseuses-de-bordeauxUn petit bijou japonais de Keigo Higashino dans la collection Babel Noir.
Un homme croise un amour d’adolescence lors d’une réunion d’anciens élèves. Alors qu’ils n’ont échangé qu’un regard gêné lors de la soirée, la jeune femme l’appelle le lendemain pour lui demander de l’accompagner dans une quête très personnelle. Elle part à la recherche d’une maison dont elle possède une clé léguée par son père. Elle ignore où se trouve cette maison mais sent confusément que la trouver l’aidera à comprendre pourquoi elle ne possède aucun souvenir de sa petite enfance. Enfant adopté, le narrateur hésite à plonger avec son amie dans la boîte à secret de sa mémoire.

Une histoire racontée d’une plume acérée, précise, sans envolées. Une occasion d’entrevoir le Japon d’aujourd’hui, ses conventions, ses habitudes, ses références. Un dispositif narratif réduit à sa plus simple expression : deux amis, deux jours, une maison, un secret. Pour le lecteur, un grand plaisir… à savourer en quelques heures, au rythme où se déroule la quête des personnages.

Isabelle

Du polar ? Oui, mais du polar islandais

indridason drMéfiez-vous : vous ouvrez un livre d’Arnaldur Indridason, vous ne pouvez plus le refermer. Pire encore, une fois que vous l’avez fini, vous cherchez avidement à en lire un autre.
Mais quel est donc la cause de cet engouement ?
Bon, je l’avoue, j’ai déjà éprouvé ce sentiment de reviens-y en feuilletant un Stieg Larsson ou un Camilla Läckberg (sauf pour Cyanure qui n’est vraiment pas bon : intrigue prévisible et enchaînements de clichés qui feraient pâlir d’envie Joël Dicker).

Oui mais… ce cher Arnaldur est islandais.

La neige et les bourrasques de vent à Reykjavik dans La Voix, le glacier de Snaefellsjökull, les fjords, les falaises de Svörtuloft dans La muraille de lave, y a-t-il lieux plus propices au crime ?
Facile alors d’écrire un bon polar lorsqu’on est islandais ?
Que nenni. Car en plus d’être islandais, Arnaldur est doué.
Avec beaucoup de talent, il brosse le portrait de personnages souvent englués dans leur quotidien. Familles disloquées, couples qui battent de l’aile, individus solitaires et tourmentés par leurs souvenirs, à l’image du commissaire Erlendur, personnage principal de ses romans, hanté par son frère disparu lors d’une tempête de neige.

Je n’ai lu pour l’instant que trois livres de ce cher Arnaldur, mais La femme en vert est sans aucun doute celui que j’ai préféré. L’auteur y tisse plusieurs récits, mêle passé et présent, sans ménagement pour le lecteur… qui ne peut absolument pas décrocher.
Bref, si vous n’avez pas encore lu Arnaldur, allez-y ! Vous ne pourrez plus décrocher. Je vais pour ma part lire encore ceux que je n’ai pas lus !!!

Par Marisa