Têtes hautes, de Cathy Ytak

J’avoue : si on me met un livre de Cathy Ytak entre les mains, j’y vais sans réfléchir. L’avantage de la connaître un peu et de beaucoup l’apprécier. Et si en plus ça parle de lutte féministe à une époque (nous sommes en 1924) où les femmes n’avaient pas leur mot à dire : alors j’y vais franco !

Têtes hautes pour parler de jeunes filles vivant en Bretagne, et qui « dès qu’elles sont en âge de porter une coiffe » vont travailler sans compter leurs heures dans une conserverie. C’est le cas de deux sœurs : Yarik et Angèle. Têtes hautes pour parler également d’Irina et de ses filles, Carol et Suzanne. Elles sont bourgeoises, vivent à Paris, n’ont pas de souci pour manger ou s’habiller, mais elles ont aussi, à leur manière, un grand besoin d’indépendance. Que ce soit par la volonté de travailler comme un homme, la façon de s’habiller ou le refus d’épouser un bon parti, elles veulent être libres de leurs choix. Alors qu’Angèle doit partir travailler à Paris au service d’Irina comme domestique, Yarig s’engage avec les autres penn sardin dans une grève pour qu’elles cessent d’être exploitées.

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Retour sur la dégustation littéraire avec Pierre Lemaitre

Médiathèque Senghor – Carré des Jalles

Le 30 mars dernier, Pierre Lemaitre était à Saint-Médard-en-Jalles devant un public très nombreux. Loin d’être intimiste, nous étions 360 personnes à nous être déplacé pour l’écouter. Éloquent, théâtral même, pendant plus d’une heure il nous a parlé de sa vision du monde à travers son dernier roman « Le Silence et la Colère » publié le 10 janvier 2023 chez Calmann-Lévy. Il s’agit du deuxième volume de la suite romanesque intitulée Les Années glorieuses. Il fait suite à « Le Grand Monde » où nous suivons les rebondissements de la vie des membres de la famille Pelletier. L’intrigue se déroule dans les années cinquante. Voilà pour le contexte.

Pierre Lemaitre commence en nous parlant de la famille : c’est la grande attirance des romanciers selon lui.

Il y a un tropisme des romanciers pour l’histoire familiale. La famille c’est l’endroit où vont naître les premières grandes passions individuelles : le désir, la revanche, l’amour, la jalousie, le lien. Il y a trois structures qui rendent dingue : la première c’est la famille, la deuxième c’est l’école et la troisième c’est l’entreprise. Le thème de la famille passionne les lecteurs car les histoires familiales permettent de comprendre le fil de notre propre histoire et de lire la société.
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Arthur, son ange – L’échappée belle édition

Ne vous fiez pas à la couverture bleu outremer ni au titre de ce roman. Rien d’angélique dans cette histoire. En 127 pages, Laure Beaudonnet nous entraîne dans l’âme perturbée d’un enfant. C’est glaçant et incisif. Avec ce premier roman très réussi, l’auteure s’intéresse à la naissance des psychopathes. Journaliste, elle a étudié la psychologie et s’interroge sur ce qui entraîne un être à basculer pour devenir un meurtrier. La mère d’Arthur aurait préféré avoir une fille, elle a dû subvenir seule à l’éducation de son enfant et a entretenu une relation nocive avec son fils lorsqu’il était petit. Mais rien qui justifie l’engendrement d’un monstre en devenir. Laure Beaudonnet utilise la troisième personne ce qui permet de comprendre le point de vue de chaque protagoniste :

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Manger moins (et mieux) de viande, de Gilles Daveau

Avec la nouvelle année, arrivent les bonnes résolutions.

Et si on mangeait moins de viande ? Mais pourquoi me direz-vous. On apprend dans ce livre de Gilles Daveau que « l’élevage émet 14,5 % de gaz à effet de serre : plus que le secteur de transport. Et il faut 10 à 12 fois plus d’eau, de surface agricole et de pétrole pour produire des protéines bovines en système intensif que pour obtenir autant de protéines végétales… S’attaquer de front à la viande rend le sujet obsessionnel, comme lorsqu’on demande de ne pas penser à un éléphant rose : l’image s’impose instantanément. Encore une injonction morale et alimentaire de plus ! »

Ici pas question de culpabiliser mais d’expliquer avec des illustrations d’Etienne Friess humoristiques qui viennent alléger les nombreuses références à des études scientifiques.

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