Vieille fille, une proposition.

N’aurait-on pas trop misé sur le désir, le couple, la famille ? Voilà le questionnement auquel nous invite Marie Kock en mêlant essai et récit car elle part bien de sa vie de « vieille fille » à elle, vie de vieille fille pourtant dépourvue de chats, de pelotes de laine et surtout d’âcreté.   

Que signifie « trop miser » ? Trop miser au sens où tout est une question de proportion ou plutôt de disproportion. Et en l’espèce, il est bon de voir qu’il y a tout de même un sacré écart entre conférer une valeur très forte au couple, aux enfants (valeur que nul ne nie) et faire de cette valeur l’équivalent d’une condition de possibilité d’une existence « heureuse ». Dit autrement, la condition « couple/famille » doit être remplie pour que l’on puisse s’octroyer le droit de qualifier sa vie de réussie. Or…

On peut avoir une vie réussie ou ratée indépendamment du fait d’être en couple et avec des enfants. On a donné une place démesurée à ces éléments dans l’accomplissement d’une vie. 

Entend-on si souvent cela ? Tout comme le mouvement me too a révélé des comportements et des présupposés tus pourtant évidents et sus de tous, Marie Kock vient elle aussi à sa manière dynamiter un sacré « petit » tabou. Elle nous raconte comment elle s’est ainsi rendu compte qu’elle avait eu beaucoup de périodes de sa vie durant lesquelles elle avait été « bien » et somme toute –osons le mot- « heureuse » sans pour autant les considérer réellement comme telles. Pourquoi ? Parce que ces périodes ne valaient tout simplement pas de points au « game ». Comment se sentir heureux quand on (soi, la société, les autres) a intériorisé que le vrai bonheur ne démarre qu’en couple d’abord, et avec des enfants ensuite ?

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Petit-déjeuner avec Michel Bussi

Cette année, Michel Bussi s’est prêté avec bonne humeur à l’exercice du petit déjeuner littéraire au festival Lire en poche.

La veille, il avait participé à une rencontre sur son dernier livre Nouvelle Babel. Pour la première fois, Michel Bussi s’exerce au roman d’anticipation. L’intrigue se déroule en 2097, un temps où les déplacements se font via la téléportation. Un groupe de retraités est assassiné sur une petite île privée paradisiaque. Trois policiers vont enquêter sur ces meurtres pendant qu’un journaliste ambitieux et une institutrice sous son charme vont tenter de mettre à jour la face sombre de ce nouveau monde en apparence idyllique.

Quand, durant le petit déjeuner, une lectrice lui a demandé pourquoi il avait souhaité changer de style en se tournant vers le roman d’anticipation, Michel Bussi a répondu que selon lui, le style était le même. A savoir, une intrique de départ, une enquête et un dénouement. La seule différence est que cette intrigue se déroule dans le futur. Ce qui lui a donné plus de liberté dans l’écriture.

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Petit déjeuner littéraire avec Mélissa Da Costa

Les petits déjeuners littéraires du festival Lire en poche apportent à chaque participant un bonheur inoubliable. Marlène a fait deux heures de voiture pour être présente et rencontrer Mélissa Da Costa. Pendant une demi-heure, chacun s’épanche pour expliquer sa venue. Comme Nelly et sa fille qui, à travers la littérature, vivent de beaux moments de complicité. Pour tous ceux qui n’ont pas pu vivre ce moment, voici ce que l’auteur a partagé avec nous.

Les lecteurs de Lire en Poche partagent un moment avec Melissa Da Costa

Comment naissent les personnages de ses livres ?
La plupart du temps, elle ne sait pas. Elle a tout le temps plein d’idées en tête, de romans qui pourraient être écrits. De temps en temps, une idée s’impose et l’écriture se met en route. Elle se fait embarquer par ses personnages, qui lui proposent les décors (les Pyrénées pour Tout le bleu du ciel, qu’elle ne connaissait pas au moment de l’écriture) ou la continuité du récit. Pour La doublure, son dernier roman, l’un des personnages est fasciné par le romantisme noir. Mélissa s’est documentée jusqu’à maîtriser le sujet. Ses personnages l’obligent à plonger dans leur univers. Elle s’est mise à la méditation comme Joanne, son personnage dans Tout le bleu du ciel ou à faire des bouquets de fleurs comme Amande (personnage des Lendemains).
L’ autrice aime cette facette de l’écriture qui l’amène à découvrir des mondes qu’elle ne connaissait pas. Parfois qualifiée d’auteur feelgood, Mélissa Da Costa surprend son public avec La doublure fraîchement sorti il y a quelques jours. L’autrice apprécie l’idée de faire du bien à ses lecteurs mais n’aime pas l’étiquette dévalorisante de ce type de romans. Avec La doublure elle a voulu montrer qu’elle pouvait faire quelque chose de totalement différent. Pari gagné comme en témoigne Laetitia qui aime ce roman encore plus que les autres.

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S’adapter, de Clara Dupont-Monod.

Un blessé, une frondeuse, un inadapté et un sorcier. Joli travail.

C’est par cette énumération d’identités que Clara Dupont-Monod termine son roman S’adapter.

Voici donc quatre personnages bien campés dans leur personnalité, dans leur rôle et dans leur sensibilité qui vont nous emmener loin dans l’identification et l’exploration de notre propre psyché. Nous voici installés avec eux dans une vieille maison cévenole, construite avec les pierres millénaires d’une montagne âpre et omniprésente. D’ailleurs ce sont ces pierres qui racontent cette histoire parce qu’elles ont une mémoire, une expérience des êtres qui ont vécu ou vivent là.

Personne ne sait ce paradoxe, que les pierres rendent les hommes moins durs. Alors nous les aidons de notre mieux, nous leur servons d’abri, de banc, de projectile ou de chemin.

Elles vont donc s’attacher à raconter ce que vit cette famille et particulièrement la génération des enfants, à partir de la naissance d’un enfant, dénommé l’enfant, lourdement handicapé, qui vient bouleverser tout ce qui ressort de la normalité.

Une force dévastatrice, qu’ils ne nommèrent pas encore chagrin, les avait propulsés dans un monde coupé du monde (…) un monde d’arbres et d‘enfant couché.
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