Petit déjeuner littéraire avec Florence Aubenas

Florence Aubenas était la présidente du salon Lire en Poche 2022. Et j’ai eu la chance d’animer le petit-déjeuner littéraire auquel elle participait. Souriante, très à l’écoute, on sent que c’est une femme qui sait ce qu’elle veut. C’est la curiosité qui la fait avancer. « C’est plus fort que moi » dit-elle. Florence Aubenas a besoin d’être là où se trouve l’actualité. Que ce soit en Ukraine ou à Montréal la Cluse (L’inconnu de la poste), elle va au cœur des problématiques. Elle nous parle de la responsabilité du journaliste. Où se trouve la vérité ?

Ça dépend où l’on regarde. On me pose beaucoup cette question pour l’Ukraine : la guerre ça doit être compliqué. C’est vrai quand on est au front, et 20 km à côté où il n’y a pas de bombe, tout va bien. Ce qui est difficile dans notre métier, c’est de ne regarder qu’à un seul endroit, et de ne regarder que d’un point de vue idéologique. On ne ment pas en donnant un seul aspect, mais on ne donne qu’un aspect, et la difficulté c’est de ne pas montrer un événement hors contexte. Pour les gilets jaunes, les forces de l’ordre en ont bavé, mais si on ne parle que des forces de l’ordre on est à côté de la plaque. Le grand danger de notre profession, c’est d’aller chercher ce qu’on trouve.
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Petit-déjeuner avec Philippe Delerm

Les participants de ce petit-déjeuner littéraire avec Philippe Delerm étaient admiratifs. Chacun avait une anecdote ou un compliment à lui faire. Nathalie a toujours un Delerm sur sa table de nuit : elle dit avec humour « mon Delerm ». Certains connaissent l’actualité de Philippe, Martine et Vincent sur le bout des doigts. Caroline apprécie les textes de Philippe Delerm pour leur justesse dans le vocabulaire, sur les choses du quotidien auxquels nous ne faisons plus attention. « Cela permet de se reconnecter avec la réalité » dit-elle.

Philippe Delerm est loquace ce dimanche matin au festival Lire en poche. Il aime parler, échanger avec ses lecteurs. Il parle de lui avec humour et sincérité, retrace ses débuts d’écrivain et de prof.

J’ai rencontré Martine à la fac à Nanterre, puis nous avons eu la chance de partir en Normandie pour enseigner. Après cette vie en région parisienne, être en province, nous a donné le sentiment d’avoir une vie avec du temps. La denrée rare était le temps. Très vite, nous avons décidé de prendre des temps partiels alors que nous ne gagnions pas beaucoup d’argent avec l’édition. Cette sérénité que l’on peut avoir en retrouvant des petits moments, je ne les ai pas. J’arrive à donner cette sensation aux autres mais mon épouse vous le dirait : je suis tout sauf serein ! Je passe mon temps à m’angoisser pour tout. J’ai envie de ce que je n’ai pas.

Comment fait-il pour déceler ces petits moments à partir desquels il va écrire ses textes ?

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Vieille fille, une proposition.

N’aurait-on pas trop misé sur le désir, le couple, la famille ? Voilà le questionnement auquel nous invite Marie Kock en mêlant essai et récit car elle part bien de sa vie de « vieille fille » à elle, vie de vieille fille pourtant dépourvue de chats, de pelotes de laine et surtout d’âcreté.   

Que signifie « trop miser » ? Trop miser au sens où tout est une question de proportion ou plutôt de disproportion. Et en l’espèce, il est bon de voir qu’il y a tout de même un sacré écart entre conférer une valeur très forte au couple, aux enfants (valeur que nul ne nie) et faire de cette valeur l’équivalent d’une condition de possibilité d’une existence « heureuse ». Dit autrement, la condition « couple/famille » doit être remplie pour que l’on puisse s’octroyer le droit de qualifier sa vie de réussie. Or…

On peut avoir une vie réussie ou ratée indépendamment du fait d’être en couple et avec des enfants. On a donné une place démesurée à ces éléments dans l’accomplissement d’une vie. 

Entend-on si souvent cela ? Tout comme le mouvement me too a révélé des comportements et des présupposés tus pourtant évidents et sus de tous, Marie Kock vient elle aussi à sa manière dynamiter un sacré « petit » tabou. Elle nous raconte comment elle s’est ainsi rendu compte qu’elle avait eu beaucoup de périodes de sa vie durant lesquelles elle avait été « bien » et somme toute –osons le mot- « heureuse » sans pour autant les considérer réellement comme telles. Pourquoi ? Parce que ces périodes ne valaient tout simplement pas de points au « game ». Comment se sentir heureux quand on (soi, la société, les autres) a intériorisé que le vrai bonheur ne démarre qu’en couple d’abord, et avec des enfants ensuite ?

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Petit-déjeuner avec Michel Bussi

Cette année, Michel Bussi s’est prêté avec bonne humeur à l’exercice du petit déjeuner littéraire au festival Lire en poche.

La veille, il avait participé à une rencontre sur son dernier livre Nouvelle Babel. Pour la première fois, Michel Bussi s’exerce au roman d’anticipation. L’intrigue se déroule en 2097, un temps où les déplacements se font via la téléportation. Un groupe de retraités est assassiné sur une petite île privée paradisiaque. Trois policiers vont enquêter sur ces meurtres pendant qu’un journaliste ambitieux et une institutrice sous son charme vont tenter de mettre à jour la face sombre de ce nouveau monde en apparence idyllique.

Quand, durant le petit déjeuner, une lectrice lui a demandé pourquoi il avait souhaité changer de style en se tournant vers le roman d’anticipation, Michel Bussi a répondu que selon lui, le style était le même. A savoir, une intrique de départ, une enquête et un dénouement. La seule différence est que cette intrigue se déroule dans le futur. Ce qui lui a donné plus de liberté dans l’écriture.

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