« Bonjour, je voudrais Les Motos, de Jean-Paul Sartre »

Lu sur l’Express.fr cet article :

« David Alliot s’est amusé à rassembler les détournements involontaires de titres célèbres par les clients des librairies.

Il y a celui qui cherche « Les Motos » de Jean-Paul Sartre, celle qui voudrait « Lady Tinègre » d’Agatha Christie et cet autre qui demande ingénument: « Qui est l’auteur du Journal d’Anne Frank? » Enseignant à l’Institut national de formation de la librairie, David Alliot a demandé à ses anciens étudiants de bien ouvrir leurs yeux et leurs oreilles. Il en a tiré un savoureux recueil de Perles de librairies. On y croise un adepte de Frédéric Lefebvre qui cherche Ruy Blas d’Hugo Boss, un voyageur qui voudrait un « guide » Maupassant et un freudien qui s’ignore s’enquérir de « Thérèse Requin », de François Mauriac. Ces à-peu-près disent aussi ce que la littérature peut avoir d’écrasant ou de furtif au cours de nos scolarités…

Et puis, il y a les saillies plus surréalistes. Notre préférée nous vient de cette cliente qui, découvrant le nouvel Amélie Nothomb, sorti comme chaque année à la rentrée, glisse à son époux: « Ah oui, il est paru. C’est septembre déjà. A propos, fais-moi penser à commander du fuel pour l’hiver… » Ou encore, cette demande un peu évasive: « Bonjour, je cherche un livre, je ne me souviens plus du nom de l’auteur, je ne me rappelle pas le titre, mais je suis sûr qu’il était rouge et rectangulaire… » Peut-être était-ce « L’Odyssée d’eau de mer »? De Homer Simpson?  « 

(source Jérôme Dupuis, L’Express.fr, 11 avril 2012)

Un oiseau blanc dans le blizzard

de Laura Kasischke, Christian Bourgois, 2000

Publié en 1999, Un oiseau blanc dans le blizzard est le deuxième roman de Laura Kasischke. Connue pour ses poèmes, pour lesquels elle a obtenu de nombreux prix, Laura Kasischke a publié un premier roman en 1997, A suspiscious river. Elle est née en 1961 dans le Midwest où elle vit encore aujourd’hui et où se déroulent les intrigues de ses romans.

Avec Un oiseau blanc dans le blizzard, Laura Kasischke décrit la vie routinière et les sentiments d’une femme, Eve Connors, à travers le souvenir de sa fille. Eve est une femme au foyer, mariée, qui vit dans une petite ville proprette du Midwest où les valeurs traditionnelles sont très fortes. Un jour, elle part. Elle téléphone à son mari pour lui dire qu’elle ne reviendra pas. Katrina, sa fille adolescente, se souvient d’elle, de son ennui, de son aigreur, de son ressentiment, aussi ; et du mépris qu’elle avait pour son père.Lire la suite »

Sunset Park

de Paul Auster, Actes Sud, 2011

Paul Auster trouve avec ce 18ème roman un nouvel élan, un nouveau souffle, après la mauvaise passe de Dans le scriptorium et Seul dans le noir.  Le personnage principal de ce roman, Miles Heller, quitte famille et études, hanté par la mort accidentelle de son demi-frère, Bobby. Après plusieurs petits boulots, il s’installe en Floride où il vide les maisons saisies aux victimes des subprimes. Par amour pour Pilar, il part se réfugier à Brooklyn dans une maison abandonnée qu’il partage avec d’autres squatteurs. Amérique de l’après 11 septembre, personnages en marge d’une société fragilisée par la crise financière, Paul Auster-le-mélancolique décrit une jeunesse en désillusion, sans repères dans l’époque qui est la nôtre.
Un très beau livre servi par la très belle traduction de Christine le Boeuf.

A écouter : Paul Auster lit un extrait de Sunset Park


Par Marisa

Rencontre avec Pascal Quignard

Photo M. Pautrel

Comme promis, voici un compte-rendu de la rencontre avec Pascal Quignard proposée par Mollat le 8 décembre dernier à Bordeaux.

Avant tout, précisons que c’est très difficile de résumer une conférence de cet auteur. L’érudition, les citations, le cheminement de pensée, parfois sinueux, rendent ardue toute tentative de retranscription… Je m’y attèle tout de même.

Pour commencer, Pascal Quignard nous a lu deux extraits des Solidarités mystérieuses. Etonnamment, il n’a pas pris le livre des éditions Gallimard pour faire sa lecture, mais a choisi de déplier deux feuillets manuscrits sur lesquels étaient écrits ces passages. Un silence quasi religieux et ému a accompagné cette lecture.Lire la suite »