Prix de l’Escale du livre cette année pour son troisième roman, Voyageur malgré lui, Minh Tran Huy est venue rencontrer ses lecteurs lors de cette manifestation. Elle nous a parlé de son enfance durant laquelle, élevée par sa grand-mère, elle voyait le monde en vietnamien et nous a expliqué comment, au fur et à mesure, la langue et la culture se sont effacées. C’est ainsi que pour elle, nostalgie de l’enfance et nostalgie du vietnamien sont intimement liées.
Voyageur malgré lui est l’histoire du père de Minh Tran Huy, réfugié vietnamien arrivé en France comme étudiant. Line, narratrice au métier très poétique d’enregistreuse de sons, nous raconte plusieurs destins de voyageurs malgré eux, avant d’arriver à l’histoire de son père : Albert Dadas, fugueur maladif; Samia Yusuf Omar, athlète somalienne, héroïne des jeux de Pékin et noyée en mer en tentant de rejoindre l’Europe juste avant les JO de Londres; Thinh, l’oncle bizarre; Hoai, la cousine disparue.Lire la suite »
Auteur : Liseuses
La Librairie du Muguet
L’Escale du livre, c’est aussi l’occasion de découvrir des librairies pas comme les autres. Rémi et Christine, deux libraires, m’ont présenté la librairie du Muguet qui se veut militante et indépendante. Aucun de ceux qui travaillent ici ne sont rétribués et la librairie fonctionne en autogestion. Toutes les tâches sont partagées, de l’achat des livres jusqu’à l’entretien du local.Lire la suite »
Les Liseuses dans Sud Ouest
Deux brûle-parfums d’Eileen Chang
Deux brûle-parfums pour conter deux vies.
La première est celle de la jeune Wei-lung qui vient demander l’aide de sa tante, une ancienne courtisane riche mise au ban de sa famille. Cette dernière se sert de sa jeunesse, de sa naïveté pour attirer de nouveaux et jeunes amants.
La seconde est celle de Roger Empton qui se marie avec une jeune fille dont l’éducation a éludé la question du corps, de l’amour physique. A cette nouvelle fait écho, en moi, une autre de Maupassant où la jeune mariée, pendant la nuit de noces, croit son mari enragé, car mordu par un chien, présent de mariage.
J’ai aimé la moiteur de Hongkong et de cette société britannique et coloniale qui impose des règles et des codes. Les personnages se retrouvent emprisonnés, leur destin est scellé et la tragédie s’abat sur leur vie. Les brûle-parfums peuvent enfin s’éteindre.
Berengère, 09/04/2015


