Corps désirable…ou pas !

corps-desirable-hubert-haddad-liseuses-de-bordeauxHubert Haddad nous donne matière à réflexion sur la transplantation du corps humain. Cédric Allyn-Weberson a été victime d’un accident. Tout son corps ne répond plus. Il subit alors une opération médicale sans précédent : une greffe d’un autre corps. Toute sa vie bascule et en est transformée, surtout pour sa compagne Lorna qui ne sait plus comment aimer cet homme et ce corps qu’elle ne reconnait plus. Et puis, l’auteur fait intervenir un autre paramètre : la mémoire du corps transplanté. Elle est vivante, modifie le comportement et interfère dans l’esprit de Cédric. Comment vivre dans ces conditions ? Notre personnage devra y répondre pour continuer à vivre…

Berengère, 27 août 2015

Cassandra

cassandra-todd-robinson-liseuses-de-bordeauxCassandra de Todd Robinson est un roman noir, empli d’un humour vif, qui a du cœur.

Boo Malone et son acolyte Junior sont videurs dans un bar de nuit de Boston, le Cellar. Ils gèrent parallèlement une affaire de détectives privés qui leur vaut d’être contactés par un prétendant à la mairie de Boston dont la fille de quatorze ans, Cassandra, a disparu.

Todd Robinson promène le lecteur dans les bas-fonds de Boston à un rythme soutenu. Bien que l’intrigue ne surprenne pas vraiment et que les scènes relèvent parfois plus du divertissement que du genre noir, on suit les deux protagonistes dans leur enquête avec un certain plaisir. Il faut dire que Todd Robinson a créé un personnage attachant : Boo Malone, colosse aux pieds d’argile.
Mesurant plus de deux mètres et affichant un poids à trois chiffres, hanté par la disparition de sa sœur et son enfance brutale dans un orphelinat, il tente de se construire une vie malgré un passé qui lui a laissé peu d’espoir. Sa relation amicale forte avec Junior constitue la clé de voûte de son existence et est la pierre angulaire de ce roman : l’amitié est un soutien qui le porte et l’aide à traverser les épreuves. Une galerie de personnages secondaires hauts en couleur défile au long du roman : tous amochés par la vie, certains fous, mais avec la volonté de vivre coûte que coûte.

L’humour désabusé de Todd Robinson, même s’il est parfois un peu graveleux, est une bonne raison de lire ce roman qui rassemble tous les ingrédients pour un deuxième opus…

Florence, 23/08/2015

Crash-test de Claro

crash-test-claro-liseuses-de-bordeauxDans les années 1970, les mannequins de silicone n’existaient pas encore. Alors, pour effectuer des tests d’accidents de voitures, les entreprises utilisaient des corps de personnes mortes et non réclamées. L’un des personnages de Claro est un manutentionnaire d’une de ces entreprises. Toute la journée, il manipule des corps désarticulés et sans vie. Il déshumanise ces êtres et s’oublie lui-même, il n’est plus qu’un pantin qui tente d’articuler sa propre vie.
Comment continuer à avancer si c’est en faisant toujours face à la mort ?
Et puis, il y a cette strip-teaseuse, elle aussi est confrontée à d’autres corps dont le mouvement cherche à exercer une pression sur elle. Elle articule ses membres et se crée une échappatoire.
Le troisième et dernier personnage est un adolescent qui découvre les mystères de son corps à travers les bandes dessinées pour adultes, cachées dans la penderie de sa mère.
D’une écriture ciselée et tranchante, Claro décrit trois vies, leur quotidien banal voire pathétique. Mais il laisse transparaître une vraie tendresse pour ses personnages car ce qu’ils vivent est dur et douloureux : ils cherchent une dignité d’être humain en vie.

Berengère, 22/08/2015

L’oiseau du bon Dieu de James McBride

Enfin un roman inattendu !
Une épopée romanesque jubilatoire pleine d’humour, d’ironie et d’entrain.

En 1856, le jeune Henry Shackleford voit sa vie bouleversée quand John Brown, un abolitionniste mystique, vient le libérer de l’esclavage. Celui-ci le prend pour une fille et va lui en donner les habits. L’enfant, surnommé l’échalote, va suivre ce capitaine auto-proclamé et sa petite armée, bringuebalé de campements sommaires aux salons dorés des philanthropes de la côte Est des États-Unis en passant par les bordels peu reluisants de l’Ouest américain.
A travers cette épopée qui a obtenu le National Book Award en 2013, James McBride nous rappelle toute la violence de la question de l’esclavage avant la Guerre de Sécession. John Brown, personnage illuminé et fou, reste pourtant humain et attachant. L’auteur nous livre le portrait d’un authentique héros américain. On rit beaucoup de l’humour féroce de James McBride. Et si l’on peut regretter quelques longueurs et répétitions, on est totalement pris dans cette histoire, tels les témoins de cette époque un peu folle.
Une découverte !

Edith, 20 août 2015