En petit comité ce dimanche, nous avons eu l’occasion de prolonger le grand entretien qui avait eu lieu la veille dans la grande salle du théâtre qui était comble ! Un petit nombre de chanceux réunis autour de l’écrivaine pour comprendre où l’écriture de Djaïli Amadou Amal prend sa source, pour revenir au commencement, au caractère complètement déraisonnable du courage qu’il lui aura fallu pour abattre des murs avec des mots.
Raconteuse d’histoires, elle sait le pouvoir de la fiction sur le réel et à quel point la curiosité intellectuelle permet de s’émanciper d’une destinée toute tracée : «Si je n’avais pas lu, je me serais résignée comme tout le monde». Dans un monde dont les murs n’ont fait que se resserrer à mesure que le moment de vivre sa vie de femme approchait, elle a tenu grâce à la lecture, embarquement immédiat pour ailleurs, antidote qui permet de savoir et de croire que l’on peut vivre autrement que sous le joug de règles iniques.
La lecture pour tenir, l’écriture pour s’émanciper. Quelle émotion au récit de cet agenda vide qui croisa son chemin et dans lequel elle se mit à narrer sa vie sans plus s’arrêter pour conjurer le sort, le sort qui lui était réservé à elle mais aussi à ses filles, à toutes les filles. Djaïli Amadou Amal commença son récit par ces mots : «Je suis née dans une maison peule, une maison semblable à toutes les autres à Maroua», là était la clé pour que son destin ne ressemble à nul autre et qu’elle ouvre une voie à tant de femmes derrière elle.
Pour en prendre la mesure, rendez-vous sur femmesdusahel.org
France, octobre 2026