Premier anniversaire de la Librairie fauve de Créon !

Créon, jeudi 18 septembre. La librairie fauve, qui a remplacé l’Eco-Libri, vient depuis peu de souffler sa première bougie anniversaire et c’est une belle occasion pour échanger avec sa directrice, Marion Libouban-Noël.

La période est difficile pour beaucoup de librairies. Il me semble qu’il faut être très passionné et courageux pour se lancer dans une telle aventure. C’est donc sur ses motivations et l’origine de ce projet que je commence par l’interroger.

Marion Libouban-Noël a fait des études supérieures littéraires. L’obtention d’un Master Recherche en études littéraires aurait pu la conduire à un doctorat. Mais l’occasion de rentrer dans l’emblématique librairie bordelaise Mollat se présente et décide du chemin qu’elle suit depuis : elle sera libraire !

Ce choix, elle le confirme plusieurs années à la belle librairie du Contretemps de Bègles. La vie se construit souvent sur les liens que l’on tisse et les opportunités qui croisent notre chemin. Habitant à Créon, elle entend parler de la possibilité de reprendre sa librairie. En partenariat avec la librairie du Contretemps, elle se lance en août 2024 dans l’aventure qui se présente. La librairie fauve est née.

Le rez-de-chaussée de la librairie est vaste, très lumineux. On peut circuler entre les présentoirs sans gêne et c’est une invitation agréable à prendre son temps. Nous y échangeons sur les liens qu’elle a tissé avec le milieu scolaire de Créon et les bibliothèques environnantes.

Des clients se succèdent. J’en profite pour monter découvrir l’étage. Consacré aux romans graphiques, aux sciences humaines, à la vie pratique ou encore à la littérature de voyage, il est comme le rez-de-chaussée vaste et coloré. Un espace très cosy s’organisant autour d’un canapé l’agrémente et constitue une invitation supplémentaire à se poser, se détendre, prendre le temps de piocher un livre au hasard et tourner les pages.

Marion Libouban-Noël me rejoint et m’explique que tout a été rénové avant la réouverture. Le résultat est à son image et à l’image de son projet. L’agencement du premier étage a été conçu pour pouvoir facilement transformer cette pièce en espace d’accueil pour les nombreux évènements qu’elle organise. Se sont ainsi succédé : des rencontres d’auteurs, dont elle assure majoritairement la modération ; une soirée poésie avec la maison d’édition Le Castor Astral ou encore des apéros vintages pour les amateurs de fringues… J’ai un attachement particulier pour l’association Lettres du monde et son festival annuel auquel nous avons avec les Liseuses de Bordeaux plusieurs fois participé par des lectures à voix haute. C’est donc avec beaucoup intérêt que je l’écoute me parler des deux rencontres de ce festival qui se sont tenues dans sa librairie l’automne dernier, autour d’une autrice québécoise, Virginie DeChamplain et une autrice espagnole, Bibiana Candia.

Si l’on ajoute à tout cela sa présence sur les réseaux sociaux, on est impressionné par l’énergie et la passion pour son métier de cette jeune femme. Cette première année de lancement a été riche et couronnée de succès. Les clients ont été au rendez-vous des nombreuses propositions de leur nouvelle libraire.

Qu’a-t-elle en projet pour l’année qui vient ? Encore des évènements bien sûr. Trois rencontres associées au festival Lettres du Monde sont ainsi prévues en novembre. En mars 2026, à l’occasion du Printemps des poètes, c’est une battle de poésie qui animera la librairie. Elle prévoit également des évènements hors les murs. Et enfin, pour ceux qui ne sont pas sur les réseaux, un site internet vient d’être créé.

Comme le titre d’un livre, le nom d’une librairie est souvent une intention, une indication. Alors au fait Marion, pourquoi fauve, sans majuscule ?

« Je cherchais un nom qui accroche les sens. J’ai eu une épiphanie un jour avec l’adjectif épicène «fauve» : fauve est une couleur, une odeur, un mouvement de peinture, parle à tous les âges, etc. La littérature qui s’interroge sur la part animale de l’humanité m’a toujours plu et Le Guépard de Lampedusa est le roman que j’ai le plus lu dans ma vie, ce nom lui faisait honneur. Aussi, j’ai toujours vu la littérature comme quelque chose qui parfois se pavane bien peignée et à tout moment vous saute au visage. Ça peut être discret comme bruyant, un fauve. C’est plein de facettes, comme une librairie. »

Marion Libouban-Noël

Toutes les librairies ont leur atmosphère, leur personnalité. La librairie fauve de Créon a sans aucun doute celle de sa libraire, accueillante, dynamique et amoureuse des livres. Son coup de cœur pour cette rentrée littéraire ? Trois fois la colère de Laurine Roux aux Editions du Sonneur.

Eric, septembre 2025

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