Nous avons toujours vécu au château

Nous avons toujours vécu au château est un roman insolite dont « l’inquiétante étrangeté » m’a immédiatement captivée. Shirley Jackson, spécialiste du roman fantastique, l’a écrit en 1965.

D’emblée, le lecteur est plongé dans une atmosphère étrange, quelque peu anxiogène. On y voit la jeune narratrice, Mary Katherine Blackwood, effectuer sa sortie hebdomadaire au village pour se ravitailler à l’épicerie. Elle est en butte à l’hostilité plus ou moins déclarée des gens du village. Mais sa condition sociale ( très assumée par ailleurs) – elle est issue d’une famille de hobereaux et habite le manoir qui jouxte le village – peut-elle à elle seule expliquer certaines remarques ? En tout cas, la demoiselle n’est pas dépourvue d’imagination et sait opposer à l’inimitié des villageois un masque imperturbable sans rien dévoiler des sentiments violents qui l’animent. Lire la suite

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L’effacement de Pascale Dewambrechies

L’effacement est le premier et très beau roman de Pascale Dewambrechies. Que peut espérer Gilda Maurel, institutrice de trente-six ans dans un village de la France provinciale des années 50 ? Pas grand-chose. Pour beaucoup, elle n’est qu’une vieille fille. Elle-même … Lire la suite

Dans le grand cercle du monde

Dans le cadre du festival Lettres du Monde, nous avons rencontré Joseph Boyden, grand écrivain canadien, à la bibliothèque du Grand Parc. Un beau moment, aussi fort que son dernier roman. Dans le grand cercle du monde de Joseph Boyden … Lire la suite

Un dieu un animal

jerome-ferrari-un-dieu-un-animal-liseuses-de-bordeauxPrix Goncourt pour Le serment sur la chute de Rome (2012), Jérôme Ferrari a écrit cinq romans. Un dieu un animal est sont troisième, couronné du Prix Landerneau (2009).

Un jeune homme a pris la décision de quitter son village natal pour aller, revêtu du treillis des mercenaires, à la rencontre du désert qu’investissent tant d’armées après le 11 septembre 2001. De retour du Chekpoint où la mort n’a pas voulu de lui, ce survivant dévasté est condamné à affronter parmi les siens une nouvelle forme d’exil. Il se met alors en tête de retrouver la fille de ses rêves d’adolescent, mais cette dernière semble avoir disparu sous les traits d’une jeune femme désormais vouée corps et âme à son entreprise….
Jérôme Ferrari nous raconte deux destins. D’abord celui d’un homme de retour de guerre, perdu dans son village. Son meilleur ami a été tué. Il est seul, étranger parmi les siens. Il ne sait plus aimer ses parents, sa maison, son entourage….. Il va essayer de retrouver cette sensation d’amour en cherchant Magali.  Mais celle-ci n’a pour horizon que son entreprise. Elle ne connait rien d’autre et n’en a pas envie. Ses seuls amis sont ses collègues.

Dans une écriture sans temps mort, dans un flux d’idées, c’est la violence de notre monde que Jérôme Ferrari nous raconte. Un monde où l’individu ne fait plus que subir sa vie,  sans se révolter.

Une riche lecture….

Edith 17/09/2014