Fin de mission de Phil Klay

phil-klay-fin-de-mission-liseuses-de-bordeauxFin de mission est un recueil de nouvelles ayant obtenu le prestigieux National Book Award en 2014. C’est le premier livre de Phil Klay, ex-marine ayant servi en Irak.

Phil Klay se sert de son expérience de soldat pour mettre en scène dans chacune des douze nouvelles de ce recueil des hommes, soldats en exercice ou vétérans revenus à la vie civile, combattant sur le front ou « planqués » dans un bureau, des hommes dont il dresse un portrait hyperréaliste, parfois drôle et souvent désespéré. Il n’y a pas de super héros à la sauce hollywoodienne dans Fin de mission, seulement des hommes ordinaires et complexes. Lire la suite

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Un dieu un animal

jerome-ferrari-un-dieu-un-animal-liseuses-de-bordeauxPrix Goncourt pour Le serment sur la chute de Rome (2012), Jérôme Ferrari a écrit cinq romans. Un dieu un animal est sont troisième, couronné du Prix Landerneau (2009).

Un jeune homme a pris la décision de quitter son village natal pour aller, revêtu du treillis des mercenaires, à la rencontre du désert qu’investissent tant d’armées après le 11 septembre 2001. De retour du Chekpoint où la mort n’a pas voulu de lui, ce survivant dévasté est condamné à affronter parmi les siens une nouvelle forme d’exil. Il se met alors en tête de retrouver la fille de ses rêves d’adolescent, mais cette dernière semble avoir disparu sous les traits d’une jeune femme désormais vouée corps et âme à son entreprise….
Jérôme Ferrari nous raconte deux destins. D’abord celui d’un homme de retour de guerre, perdu dans son village. Son meilleur ami a été tué. Il est seul, étranger parmi les siens. Il ne sait plus aimer ses parents, sa maison, son entourage….. Il va essayer de retrouver cette sensation d’amour en cherchant Magali.  Mais celle-ci n’a pour horizon que son entreprise. Elle ne connait rien d’autre et n’en a pas envie. Ses seuls amis sont ses collègues.

Dans une écriture sans temps mort, dans un flux d’idées, c’est la violence de notre monde que Jérôme Ferrari nous raconte. Un monde où l’individu ne fait plus que subir sa vie,  sans se révolter.

Une riche lecture….

Edith 17/09/2014

Le tort du soldat

le-tort-du-soldat-erri-de-luca-liseuses-de-bordeauxLe tort du soldat est le dernier roman paru d’Erri De Luca. Il est court, profond et sobre.

Un homme qui fut soldat dans l’armée nazie passe le reste de sa vie à craindre d’être rattrapé et jugé pour ce qu’il a fait. Après avoir fui quelque temps en Amérique latine, il revient à Vienne avec sa fille où il vit dans la peur. Il ne reniera jamais ses convictions nazies et considérera même que son seul tort est d’avoir été vaincu. Lire la suite

Au revoir là-haut : on aime, on n’aime pas

Les Liseuses donnent leur avis sur ce livre nominé au Prix des Lecteurs-Escale du Livre.
lemaitre

ON AIME

Avant même l’obtention du prix Goncourt, plusieurs critiques m’avaient donné envie de lire ce livre. Et je n’ai pas été déçue. Tout y est : une écriture fine, une analyse profonde des personnages, une histoire passionnante et une trame digne d’un roman policier ( dont l’auteur est issu).

Deux soldats vont se rencontrer sur le champ de bataille à la veille de l’armistice de 1918. Blessés, ils vont se retrouver dépendants l’un de l’autre. Trop abîmés pour un retour à une vie normale et déçus par un Etat qui s’occupe plus des morts que des vivants, ils vont monter une escroquerie d’une ampleur nationale et totalement amorale.
Ce roman est le contraire de ce que j’avais déjà pu lire sur la première guerre mondiale. Il ne glorifie pas ses soldats, n’en fait pas des héros. Les gradés et les traîtres réussissent. Les soldats blessés, tant moralement que physiquement, végètent dans un après-guerre qui n’a pas besoin d’eux et qui surtout n’en veut pas.

Pierre Lemaitre m’a tenue en haleine durant tout son roman. J’ai lu quelque part qu’il écrivait également des scénarios. C’est sans doute pour cela que ce roman est aussi réaliste et rythmé.
Pour moi, un bon Goncourt.

Par Edith

ON N’AIME PAS

Je n’ai pas aimé « Au revoir là-haut »… sans doute parce que j’ai adoré « 14 » d’Echenoz.
Autant j’ai été impressionnée et émue par la concision d’orfèvre du texte d’Echenoz qui en une centaine de pages convoque toute l’horreur et le gâchis de 14/18, autant le style de Pierre Lemaitre m’a irritée.
Pierre Lemaitre ne montre pas, il démontre. Il raconte, il explique, ne laissant au lecteur aucun espace pour se projeter dans les situations vécues par ses personnages.
J’ai lu les 566 pages de son livre sans parvenir à me représenter ni Albert, ni Edouard, ni les décors, ni les atmosphères.
On parle à propos d’ « Au revoir là-haut » de roman naturaliste, d’ambition picaresque. L’écriture est effectivement datée. Il y a du Maurice Leblanc chez Pierre Lemaitre.
On trouve de bonnes idées comme l’arnaque aux monuments aux morts mais l’intrigue est cousue de fil blanc, les rebondissements tirés par les cheveux (ce qui pour un auteur de polars est embêtant).
Les méchants sont très méchants, les gentils très gentils. Tout ceci fait peut-être un roman mais un Goncourt ?
Au final, ce que je préfère, c’est l’exergue emprunté à Jean Blanchard fusillé pour traîtrise le 4 décembre 1914 et réhabilité le 29 janvier 1921 : « Je te donne rendez-vous au ciel où j’espère que Dieu nous réunira. Au revoir là-haut, ma chère épouse… ».

Par Hélène

Ceux de 14

14Une fois n’est pas coutume, signalons la sortie en kiosque fin juin d’un hors-série du Figaro consacré aux écrivains dans la Grande Guerre intitulé Ceux de 14. On y découvre des photographies de soldats de la Grande Guerre, de civils, images accompagnées d’extraits d’ouvrages de Maurice Genevoix, Aragon, Henri Barbusse, etc. On peut y lire également 12 portraits d’écrivains dans la guerre : Charles Péguy, Henri Fournier, Céline…
Intéressant si l’on veut connaître davantage ces écrivains, ou si l’on veut faire suite à la lecture de 14 de Jean Echenoz.

Par Marisa