Un homme, ça ne pleure pas

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Le titre est éloquent et évoque, d’emblée, quelques tabous sociétaux et les places bien séparées des hommes et des femmes. Faïza Guène nous offre ici un superbe roman dans lequel nous suivons pas à pas le chaos d’une famille algérienne, empêtrée dans des conflits intergénérationnels nés de l’acculturation.
Un père, ancien cordonnier, analphabète, tente de s’adapter à d’autres destins pour ses enfants. Une mère, une mère « pieuvre », dévorante d’amour autant que nourricière, agrippée à ses propres repères de femme. Des enfants qui grandissent et dont la liberté fait peur.
C’est une jolie histoire de destins croisés, et de frères et sœurs si différents… Le texte est léger, semé d’humour, un texte qui ne juge pas.

Et puis de très beaux passages…

Les joues de ma mère sont douces et encore bien rebondies. Ses rides, ce sont les lignes du livre qu’elle n’a jamais pu écrire. C’est l’histoire de sa vie qui se dessine dans le coin de ses yeux. Les plis sur son front, ce sont autant d’inquiétudes, d’attentes à la tombée de la nuit…

Laetitia, 19/02/2016

Petits plats de résistance de Pascale Pujol

 

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A vos agendas ! Le 9 décembre prochain, en partenariat avec la librairie Mollat, nous animons une rencontre avec Pascale Pujol, auteure d’un premier roman hilarant, Petits plats de résistance, paru en août dernier aux éditions Le Dilettante.

Si Karine Becker avait mieux maîtrisé la méthode Ogino, rien de tout ce qui suit ne serait arrivé.

Choisissez comme décor la butte Montmartre, les quartiers de Barbès et la Goutte d’Or,

Prenez Sandrine Cordier, conseillère à Pôle emploi qui rêve d’ouvrir un restaurant. « Chien renifleur » réputé pour son habileté à débusquer les chômeurs qui fraudent, elle est ce fin limier que son directeur d’agence encense. « Vous arriveriez à radier quelqu’un qui n’est pas inscrit », s’enthousiasme-t-il.

Ajoutez-lui un mari, Guillaume, revendeur de journaux volés, une fille de douze ans, Juliette, lutin génie de l’informatique, et Aurélien, un fils épris de mode,

Convoquez pêle-mêle Antoine, militant altermondialiste bardé de diplômes, Marcel, président de groupe de presse et son fils Laurent, jet-setteur au QI d’huître, et aussi Annabelle, spécialiste du Kamasutra, et surtout, surtout assurez-vous de la présence de Nadine et Bernard, tout droit sortis d’un sketch des Deschiens,

Et puis ajoutez bien d’autres personnages hauts en couleur…

N’oubliez pas l’agent immobilier au costume bon marché…

Et finalement mélangez le tout et vous obtiendrez un melting-pot désopilant, un portrait humoristique et parfois féroce d’une société métissée où on se toise, s’apprivoise et finalement s’assemble dans un joyeux tintamarre.

Aucun doute là-dessus, Pascale Pujol est en pleine forme. Elle signe un roman savoureux que nous avalons goulûment pour oublier, l’espace d’un instant, la morosité ambiante. Un vrai régal.

Vivement le 9 décembre qu’elle nous donne la recette !!!

Marisa, 2/12/2015

Un cheval entre dans un bar

david-grossman-un-cheval-etnre-dans-un-bar-liseuses-de-bordeauxSi vous voulez assister à un one man show drôle et émouvant, si vous voulez rencontrer un comique malheureux, il faut lire Un cheval entre dans un bar de David Grossman.

Ce soir, Dovalé, comique vieillissant, se produit dans un club d’une petite ville de la côte israélienne. Il a invité le juge Avishaï Lazar, un ami d’enfance, afin de connaitre son avis sur sa performance.

Le spectacle commence par des blagues salaces. Le comique interpelle le public et humilie certains de ses spectateurs, ce qui met très mal à l’aise le juge qui n’apprécie que très peu ce genre de spectacle. Va-t-il quitter le show ? Va-t-on interrompre la lecture de ce roman ? Comme lui nous nous posons la question.Lire la suite »