Le jeu de la dame, de Walter Tevis

Il arrive parfois que la télévision et le cinéma contribuent à sortir de l’oubli une œuvre littéraire disparue des rayons des librairies. Répondant au succès de la série diffusée sur Netflix, les éditions Gallmeister ont publié à la mi-mars une nouvelle traduction du roman Le jeu de la dame, de Walter Tevis (1928-1984), qui a fait l’objet de cette adaptation. Une très bonne idée.

L’histoire. Kentucky, 1957. Après la mort de sa mère, Beth Harmon, neuf ans, est placée dans un orphelinat où l’on donne aux enfants de mystérieuses « vitamines » censées les apaiser. Elle y fait la connaissance d’un vieux gardien passionné d’échecs qui lui en apprend les règles. Beth commence alors à gagner, trop vite, trop facilement. Dans son lit, la nuit, la jeune fille rejoue les parties en regardant le plafond où les pièces se bousculent à un rythme effréné. Plus rien n’arrêtera l’enfant prodige pour conquérir le monde des échecs et devenir une championne. Mais, si Beth prédit sans faute les mouvements sur l’échiquier, son obsession et son addiction la feront trébucher plus d’une fois dans la vie réelle.

Les raisons du succès. Ce livre parle d’échecs, mais il n’est absolument pas indispensable de connaître les manoeuvres et les stratégies d’attaque de ce jeu pour y trouver un réel plaisir de lecture. La magie fonctionne, et Walter Tevis nous tient en haleine de la première à la dernière page. Nous en avons eu la preuve en échangeant avec d’autres lecteurs : chacun vous dira qu’il ne pouvait plus lâcher le livre tant la tension dramatique était intense. Dans le sillage de la jeune prodige Beth Harmon, nous vivons des parties d’échecs endiablées, comme si ce n’était pas les pions, mais notre vie qui était en jeu : cavalier en dame cinq, variante sicilienne, pion en roi quatre… Le mécanique implacable est en marche, le suspense à son comble, jusqu’au verdict : Walter Tevis nous met échec et mat.

Marisa, 12 avril 2021.

Petit déjeuner avec Maylis de Kerangal

©Sébastien Perchec/Lire en Poche 2018

Lors du salon Lire en poche 2018, j’ai eu le plaisir d’animer un petit déjeuner littéraire avec Maylis de Kerangal, marraine du salon. L’auteure a tout de suite émis le vœu que les participantes (pas d’homme, comme trop souvent dans ce genre d’occasion !) se présentent. Outre l’intérêt qu’elles portent à l’écriture de ses romans, ces dames avaient toutes une raison bien personnelle de s’intéresser à l’un ou l’autre de ses ouvrages. On mettait là d’emblée le doigt sur la diversité des thématiques traitées par l’auteure. Réparer les vivants fut le roman le plus souvent cité.

Une des participantes aborde l’adaptation à l’écran de ce roman et demande à Maylis de Kerangal de quelle façon elle est intervenue dans la réalisation du film. En fait, comme Maylis nous l’explique, lorsqu’un écrivain signe un contrat de cessions avec l’éditeur, il cède à l’éditeur les droits d’exploitation de son texte, ce qui vaut pour le livre mais aussi pour une éventuelle adaptation au cinéma et au théâtre (sachant que l’auteur peut ne pas signer certaines cessions). De ce fait, on ne peut à la fois vendre les droits à un producteur et en même temps vouloir intervenir dans la réalisation à la place du réalisateur. Lire la suite

Lecture théâtralisée par Maud Andrieux

Vous ne savez pas quoi faire pour les journées du patrimoine ce week-end ? Nous vous conseillons d’aller écouter une lecture théâtralisée autour de Marguerite Duras par Maud Andrieux à la bibliothèque Flora Tristan, samedi 17 septembre à 17h.
Maud Andrieux, nous la connaissons bien. Passionnée par l’écriture de Marguerite Duras, elle adapte ses romans depuis une dizaine d’années pour les mettre en scène et les interpréter. Elle privilégie les mises en scène sobres afin de laisser toute sa place au texte. L’écouter lire Duras est toujours un grand moment de plaisir. Elle nous présente la lecture qu’elle donnera samedi à la bibliothèque Flora Tristan : Lire la suite

Mankell et Wallander

henning-mankell-une-main-encombrante-liseuses-de-bordeauxComment ça ? Pas un seul article consacré aux aventures de Wallander, personnage né sous la plume de Henning Mankell, sur le blog des Liseuses de Bordeaux ? Pourtant, s’il y a bien un auteur qui s’invite de façon régulière dans les réunions des Liseuses, c’est bien Henning Mankell, l’écrivain suédois récemment disparu.

Je vais donc vous parler d’un de ses romans, Une main encombrante. Ce n’est pas n’importe quel roman puisqu’il s’agit de l’une des dernières enquêtes de Kurt Wallander. Si vous ne connaissez pas encore ce personnage,  vous allez avoir un sacré boulot de rattrapage à faire ! Qu’importe, soyons fous ! Commençons par la fin, car Mankell écrit tellement bien qu’on peut lire les enquêtes de Wallander dans le désordre. Lire la suite