Les nuits de la laitue de Vanessa Barbara

les-nuits-de-la-laitue-vanessa-barbara-liseuses-de-bordeauxLes nuits de laitue, ce sont les nuits où Ada fait une tisane de laitue à Otto, les nuits où il n’arrive pas à trouver le sommeil. Et il y en a beaucoup !
La dernière en date a provoqué chez le pauvre homme toute une nuit de cauchemars. A moins que ceux-ci ne soient artificiels… Mais que voulait donc lui cacher Ada avant qu’elle disparaisse… Des voisins y seraient-ils mêlés ?
Des deux, c’était elle le lien du couple avec l’extérieur : elle aimait partager les histoires du quartier. L’auteur dresse pour cela toute une galerie de personnages hauts en couleur dont la maison d’Otto constitue l’élément central. Le vieil homme entend leurs bruits familiers aussi furtifs qu’assourdissants et apprend peu à peu à connaître son voisinage.

J’ai aimé ressentir la douceur sud-américaine que le livre transcrit et je me suis sentie appartenir à ce quartier. Je suis devenue une voisine d’Otto et un témoin du quartier qui écoutait à la fois les bruits, les rumeurs et les vies de ces personnages.

Berengère, 25 août 2015

Corps désirable…ou pas !

corps-desirable-hubert-haddad-liseuses-de-bordeauxHubert Haddad nous donne matière à réflexion sur la transplantation du corps humain. Cédric Allyn-Weberson a été victime d’un accident. Tout son corps ne répond plus. Il subit alors une opération médicale sans précédent : une greffe d’un autre corps. Toute sa vie bascule et en est transformée, surtout pour sa compagne Lorna qui ne sait plus comment aimer cet homme et ce corps qu’elle ne reconnait plus. Et puis, l’auteur fait intervenir un autre paramètre : la mémoire du corps transplanté. Elle est vivante, modifie le comportement et interfère dans l’esprit de Cédric. Comment vivre dans ces conditions ? Notre personnage devra y répondre pour continuer à vivre…

Berengère, 27 août 2015

Deux brûle-parfums d’Eileen Chang

Deux brûle-parfums pour conter deux vies.
La première est celle de la jeune Wei-lung qui vient demander l’aide de sa tante, une ancienne courtisane riche mise au ban de sa famille. Cette dernière se sert de sa jeunesse, de sa naïveté pour attirer de nouveaux et jeunes amants.

La seconde est celle de Roger Empton qui se marie avec une jeune fille dont l’éducation a éludé la question du corps, de l’amour physique. A cette nouvelle fait écho, en moi, une autre de Maupassant où la jeune mariée, pendant la nuit de noces, croit son mari enragé, car mordu par un chien, présent de mariage.

J’ai aimé la moiteur de Hongkong et de cette société britannique et coloniale qui impose des règles et des codes. Les personnages se retrouvent emprisonnés, leur destin est scellé et la tragédie s’abat sur leur vie. Les brûle-parfums peuvent enfin s’éteindre.

Berengère, 09/04/2015

Conversation avec Audur Ava Olafsdottir

Un café avec Audur Ava Olafsdottir, Lire en Poche 2014L’auteure islandaise Auður Ava Ólafsdóttir, dont nous avons déjà chanté les louanges dans un précédent post, était présente lors de Lire en poche, à Gradignan. L’occasion rêvée pour nous de rencontrer une femme étonnante, drôle et extrêmement attachante.

Vous avez déclaré que la femme écrivain était moins présente et plus discrète sur la scène littéraire que ses homologues masculins. Comment l’expliquez-vous ? Je ne l’explique pas, je le vis. Il y a beaucoup de bons écrivains femmes, même s’il y a beaucoup plus d’hommes dans les organisations d’écrivains. Je trouve étrange cette absence des femmes écrivains. Il y en a vraiment beaucoup qui n’arrivent jamais à faire entendre leur voix et qui sont tellement originales, ont tellement de choses à dire… Je lis surtout de la poésie islandaise, et je crois bien que tous les poètes que je préfère sont des femmes.Lire la suite »