Quatre jours sans ma mère, de Ramsès Kefi

Il y a ce que j’ai aimé dans ce roman et dont vous parleront les très bonnes critiques qu’il a reçues : ce roman est drôle, fin, tendre, juste… Les personnages y existent de manière manifeste et crèvent chaque page, le père Hédi, la mère Amani, le fils Salmane qui nous pilote dans l’histoire, le pote Archie, d’autres encore et « La Caverne », ce lieu où ils vivent et où l’on vit avec eux, parcourant tous ses recoins en soi sinistres, moroses mais ce n’est pas avec cet œil-là qu’on les parcourt. La Caverne, 7 tours HLM dotées de noms d’oiseaux plantées à l’orée d’une forêt certes mais relayées par un seul bus qui s’arrête loin avec à proximité un supermarché qui a fermé et dont Le Parking, personnage lui aussi à part entière du roman, est squatté.

Lire la suite »

La vie privée d’oubli de Gisèle Pineau

Un 23 novembre 2024, à La Villa Valmont de Lormont se réunissaient deux autrices : Beata Umubyeyi Mairesse et Gisèle Pineau autour de la figure de Maryse Condé, à l’invitation de Lettres du Monde. C’est donc bien entendu de littérature caribéenne dont il a été longuement question, aussi quelle meilleure occasion pouvais-je trouver pour me replonger dans cette littérature abondante et riche en Histoire et en histoires sinon en écriture ? 

Le dernier roman de Gisèle Pineau, « La vie privée d’oubli », raconte justement une longue histoire dans l’Histoire. Elle débute en Afrique à la toute fin du XVIIIe siècle, quand la traite négrière battait son plein, se poursuit en Guadeloupe et se diffracte dans le monde entier à travers toutes sortes de personnages, aussi nombreux que singuliers, tous en lien et l’ignorant.

Lire la suite »

Sacrifice de Joyce Carol Oates

joyce-carol-oates-sacrifice-liseuses-de-bordeauxDécidément, la romancière américaine Joyce Carol Oates m’impressionne par l’abondance et la qualité de sa production littéraire. J’avais à peine terminé la lecture de Carthage (2015) que Daddy love (avril 2016) trouvait déjà sa place sur la table des libraires, suivi dès octobre 2016 par Sacrifice. Les phénomènes sociaux américains dans lesquels son œuvre s’enracine n’ont pas fini de d’inspirer la romancière…Lire la suite »

Mudwoman de Joyce Carol Oates

joyce-carol-oates-mudwoman-liseuses-de-bordeauxUne fois de plus, je me suis plongée dans la lecture d’un roman de Joyce Carol Oates. Il s’agissait cette fois-ci de Mudwoman paru en 2013 et qui s’était vu décerner par la rédaction de Lire le prix du meilleur roman étranger cette même année.
Chaque lecture d’un roman de J.C. Oates est une plongée dans un univers plein de noirceur où les personnages – presque toujours des héroïnes – ont à lutter pour surmonter des traumatismes qui menacent de les détruire.Lire la suite »