Nous avons toujours vécu au château

Nous avons toujours vécu au château est un roman insolite dont « l’inquiétante étrangeté » m’a immédiatement captivée. Shirley Jackson, spécialiste du roman fantastique, l’a écrit en 1965.

D’emblée, le lecteur est plongé dans une atmosphère étrange, quelque peu anxiogène. On y voit la jeune narratrice, Mary Katherine Blackwood, effectuer sa sortie hebdomadaire au village pour se ravitailler à l’épicerie. Elle est en butte à l’hostilité plus ou moins déclarée des gens du village. Mais sa condition sociale ( très assumée par ailleurs) – elle est issue d’une famille de hobereaux et habite le manoir qui jouxte le village – peut-elle à elle seule expliquer certaines remarques ? En tout cas, la demoiselle n’est pas dépourvue d’imagination et sait opposer à l’inimitié des villageois un masque imperturbable sans rien dévoiler des sentiments violents qui l’animent. Lire la suite

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Station Eleven, roman post-apocalyptique

emily-saint-john-mandel-station-eleven-liseuses-de-bordeauxStation Eleven d’Emily Saint John Mandel est un roman post-apocalyptique qui m’a fait passer un bon moment, bien que je ne sois pas familière du genre.

Station Eleven commence par une fin spectaculaire : la mort sur scène d’un acteur – Arthur Leander – interprétant le Roi Lear. Un secouriste – Jeevan Chaundhary – monte sur scène pour lui porter les premiers secours, sous les yeux d’une fillette de huit ans – Kirsten Raymonde – actrice au rôle muet. Les trois personnages principaux du roman sont réunis dans cette scène, juste avant qu’une catastrophe beaucoup plus grande chamboule l’ordre du monde : une épidémie de grippe décime la population et impose une réorganisation de la société. Lire la suite

Dans la brume électrique… allumez la lumière

burkeNew Iberia, Louisiane. Deux femmes sauvagement assassinés sont retrouvées, victimes d’un tueur en série. Dans un marécage, un corps momifié ressurgit, entravé par des chaînes. Dave Robicheaux, inspecteur de police, mène l’enquête.

Décrit de la sorte, le roman policier de James Lee Burke pourrait passer pour un polar « classique », mais il n’en est rien.
En choisissant la Louisiane du Sud comme décor, l’auteur nous plonge dans l’obscurité des bayous, marécages à la végétation luxuriante.
« Devant notre fenêtre de chambre, les pacaniers étaient immobiles et gris, trempés d’humidité sous la fausse aurore. Puis les premières rougeurs du soleil vinrent percer la cime des arbres du marais, telle une allumette phosphorée qu’on aurait frottée contre le ciel« .
L’oeil n’est pas le seul sens éprouvé dans ce récit. Avec beaucoup de finesse, James Lee Burke parvient à restituer jusqu’aux odeurs fétides dégagées par ces corps en décomposition, baignant dans des eaux saumâtres et stagnantes….
Lorsque l’inspecteur Robicheaux est victime d’hallucinations, des troupes de soldats confédérés morts depuis des lustres apparaissent dans ce décor, rendant l’atmosphère encore plus oppressante, encore plus fantomatique.
Mais je ne vous en dirai pas plus…
Un livre à lire de toute urgence, de préférence en plein jour.

Par Marisa