Petit déjeuner littéraire avec Florence Aubenas

Florence Aubenas était la présidente du salon Lire en Poche 2022. Et j’ai eu la chance d’animer le petit-déjeuner littéraire auquel elle participait. Souriante, très à l’écoute, on sent que c’est une femme qui sait ce qu’elle veut. C’est la curiosité qui la fait avancer. « C’est plus fort que moi » dit-elle. Florence Aubenas a besoin d’être là où se trouve l’actualité. Que ce soit en Ukraine ou à Montréal la Cluse (L’inconnu de la poste), elle va au cœur des problématiques. Elle nous parle de la responsabilité du journaliste. Où se trouve la vérité ?

Ça dépend où l’on regarde. On me pose beaucoup cette question pour l’Ukraine : la guerre ça doit être compliqué. C’est vrai quand on est au front, et 20 km à côté où il n’y a pas de bombe, tout va bien. Ce qui est difficile dans notre métier, c’est de ne regarder qu’à un seul endroit, et de ne regarder que d’un point de vue idéologique. On ne ment pas en donnant un seul aspect, mais on ne donne qu’un aspect, et la difficulté c’est de ne pas montrer un événement hors contexte. Pour les gilets jaunes, les forces de l’ordre en ont bavé, mais si on ne parle que des forces de l’ordre on est à côté de la plaque. Le grand danger de notre profession, c’est d’aller chercher ce qu’on trouve.
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Petit-déjeuner avec Michel Bussi

Cette année, Michel Bussi s’est prêté avec bonne humeur à l’exercice du petit déjeuner littéraire au festival Lire en poche.

La veille, il avait participé à une rencontre sur son dernier livre Nouvelle Babel. Pour la première fois, Michel Bussi s’exerce au roman d’anticipation. L’intrigue se déroule en 2097, un temps où les déplacements se font via la téléportation. Un groupe de retraités est assassiné sur une petite île privée paradisiaque. Trois policiers vont enquêter sur ces meurtres pendant qu’un journaliste ambitieux et une institutrice sous son charme vont tenter de mettre à jour la face sombre de ce nouveau monde en apparence idyllique.

Quand, durant le petit déjeuner, une lectrice lui a demandé pourquoi il avait souhaité changer de style en se tournant vers le roman d’anticipation, Michel Bussi a répondu que selon lui, le style était le même. A savoir, une intrique de départ, une enquête et un dénouement. La seule différence est que cette intrigue se déroule dans le futur. Ce qui lui a donné plus de liberté dans l’écriture.

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Petit déjeuner littéraire avec Mélissa Da Costa

Les petits déjeuners littéraires du festival Lire en poche apportent à chaque participant un bonheur inoubliable. Marlène a fait deux heures de voiture pour être présente et rencontrer Mélissa Da Costa. Pendant une demi-heure, chacun s’épanche pour expliquer sa venue. Comme Nelly et sa fille qui, à travers la littérature, vivent de beaux moments de complicité. Pour tous ceux qui n’ont pas pu vivre ce moment, voici ce que l’auteur a partagé avec nous.

Les lecteurs de Lire en Poche partagent un moment avec Melissa Da Costa

Comment naissent les personnages de ses livres ?
La plupart du temps, elle ne sait pas. Elle a tout le temps plein d’idées en tête, de romans qui pourraient être écrits. De temps en temps, une idée s’impose et l’écriture se met en route. Elle se fait embarquer par ses personnages, qui lui proposent les décors (les Pyrénées pour Tout le bleu du ciel, qu’elle ne connaissait pas au moment de l’écriture) ou la continuité du récit. Pour La doublure, son dernier roman, l’un des personnages est fasciné par le romantisme noir. Mélissa s’est documentée jusqu’à maîtriser le sujet. Ses personnages l’obligent à plonger dans leur univers. Elle s’est mise à la méditation comme Joanne, son personnage dans Tout le bleu du ciel ou à faire des bouquets de fleurs comme Amande (personnage des Lendemains).
L’ autrice aime cette facette de l’écriture qui l’amène à découvrir des mondes qu’elle ne connaissait pas. Parfois qualifiée d’auteur feelgood, Mélissa Da Costa surprend son public avec La doublure fraîchement sorti il y a quelques jours. L’autrice apprécie l’idée de faire du bien à ses lecteurs mais n’aime pas l’étiquette dévalorisante de ce type de romans. Avec La doublure elle a voulu montrer qu’elle pouvait faire quelque chose de totalement différent. Pari gagné comme en témoigne Laetitia qui aime ce roman encore plus que les autres.

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Nancy Huston présente «Arbre de l’oubli» dans le cadre de Lettres du Monde. Retour sur un moment intense.

Jeudi 25 novembre, grâce au festival Lettres du monde, nous avons eu la joie d’écouter Nancy Huston à la médiathèque du Bouscat. Elle présentait son roman Arbre de l’oubli sorti cette année chez Actes Sud. Nancy Huston parle très bien français. Canadienne de naissance, ayant vécu une partie de sa vie aux Etats-Unis, elle est arrivée en France à l’âge de 20 ans pour ses études (elle travaille alors sous la direction de Roland Barthes à l’Ecole des hautes études en sciences sociales) et écrit un mémoire sur les jurons, Dire et interdire, publié en 1980. Elle a reçu de nombreux prix dont : en 1996, le prix Goncourt des lycéens et le prix du livre Inter pour Instruments des ténèbres ; en 1998, le grand prix des lectrices de Elle pour L’Empreinte de l’ange ou en 2006 le prix Femina pour Lignes de faille. Elle est musicienne, et la musique est une source d’inspiration pour cette grande autrice.

Nombre de ses romans sont écrits dans sa langue maternelle mais elle s’est rendue compte que de traduire elle-même ses romans en français lui permettait d’améliorer la première version. Ce roman Arbre de l’oubli va suivre trois personnages en parallèle, à différentes époques. Peu de ces romans suivent l’ordre chronologique.

 « Dans la vie, on est obligés de vivre la vie en ordre chronologique, on n’a pas le choix. Quand on a le choix, autant inventer autre chose. »

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