Les écrivains et leur mère

marie-helene-sainton-bibliotheque-grand-parc-liseuses-de-bordeauxLa bibliothèque du Grand-Parc à Bordeaux a invité samedi 8 février Marie-Hélène Sainton pour une conférence intitulée « Les écrivains et leur mère« . Vous n’y étiez pas ? Deux Liseuses vous racontent…

C’est avec beaucoup de vivacité et d’enthousiasme que Marie-Hélène Sainton nous a présenté son travail sur la place de la mère dans la vie et l’oeuvre des écrivains.
Pour illustrer son propos, elle a choisi quatre écrivains à première vue bien différents : Hervé Bazin, Albert Cohen, Charles Juliet et Romain Gary dont elle nous a rapidement exposé la biographie, puis lu quelques extraits de romans autobiographiques.Lire la suite »

Rencontre avec Arnaud Cathrine à la médiathèque Assia Djebar, Blanquefort

Verticales
« Je suis enfin tombé sur ce livre. Je n’avais jamais autant désespéré d’un livre. Il y avait des choses que j’avais envie d’exprimer et ça n’était pas facile. Aurélien est un personnage complexe. »

Le 22 janvier dernier, la médiathèque Assia Djebar de Blanquefort accueillait l’écrivain Arnaud Cathrine, nominé au Prix des lecteurs-Escale du Livre pour son roman « Je ne retrouve personne« . 

Arnaud Cathrine est un explorateur. Romans, scénarios, paroles de chansons, lectures sur scène, il aime tester différents types d’écriture, varier son rapport à l’écrit, une façon pour lui de s’éloigner du texte sur lequel il travaille et d’y revenir, enrichi de nouvelles expériences.Lire la suite »

Au revoir là-haut : on aime, on n’aime pas

Les Liseuses donnent leur avis sur ce livre nominé au Prix des Lecteurs-Escale du Livre.
lemaitre

ON AIME

Avant même l’obtention du prix Goncourt, plusieurs critiques m’avaient donné envie de lire ce livre. Et je n’ai pas été déçue. Tout y est : une écriture fine, une analyse profonde des personnages, une histoire passionnante et une trame digne d’un roman policier ( dont l’auteur est issu).

Deux soldats vont se rencontrer sur le champ de bataille à la veille de l’armistice de 1918. Blessés, ils vont se retrouver dépendants l’un de l’autre. Trop abîmés pour un retour à une vie normale et déçus par un Etat qui s’occupe plus des morts que des vivants, ils vont monter une escroquerie d’une ampleur nationale et totalement amorale.
Ce roman est le contraire de ce que j’avais déjà pu lire sur la première guerre mondiale. Il ne glorifie pas ses soldats, n’en fait pas des héros. Les gradés et les traîtres réussissent. Les soldats blessés, tant moralement que physiquement, végètent dans un après-guerre qui n’a pas besoin d’eux et qui surtout n’en veut pas.

Pierre Lemaitre m’a tenue en haleine durant tout son roman. J’ai lu quelque part qu’il écrivait également des scénarios. C’est sans doute pour cela que ce roman est aussi réaliste et rythmé.
Pour moi, un bon Goncourt.

Par Edith

ON N’AIME PAS

Je n’ai pas aimé « Au revoir là-haut »… sans doute parce que j’ai adoré « 14 » d’Echenoz.
Autant j’ai été impressionnée et émue par la concision d’orfèvre du texte d’Echenoz qui en une centaine de pages convoque toute l’horreur et le gâchis de 14/18, autant le style de Pierre Lemaitre m’a irritée.
Pierre Lemaitre ne montre pas, il démontre. Il raconte, il explique, ne laissant au lecteur aucun espace pour se projeter dans les situations vécues par ses personnages.
J’ai lu les 566 pages de son livre sans parvenir à me représenter ni Albert, ni Edouard, ni les décors, ni les atmosphères.
On parle à propos d’ « Au revoir là-haut » de roman naturaliste, d’ambition picaresque. L’écriture est effectivement datée. Il y a du Maurice Leblanc chez Pierre Lemaitre.
On trouve de bonnes idées comme l’arnaque aux monuments aux morts mais l’intrigue est cousue de fil blanc, les rebondissements tirés par les cheveux (ce qui pour un auteur de polars est embêtant).
Les méchants sont très méchants, les gentils très gentils. Tout ceci fait peut-être un roman mais un Goncourt ?
Au final, ce que je préfère, c’est l’exergue emprunté à Jean Blanchard fusillé pour traîtrise le 4 décembre 1914 et réhabilité le 29 janvier 1921 : « Je te donne rendez-vous au ciel où j’espère que Dieu nous réunira. Au revoir là-haut, ma chère épouse… ».

Par Hélène

Philippe Labro, l’homme pressé

J’ai assisté dernièrement à une conférence donnée par Philippe Labro à l’occasion de la sortie de son livre On a tiré sur le Président, édité chez Gallimard.  Je n’ai jamais lu un seul livre de lui, mais le sujet, l’assassinat de JFK, me passionne.
La salle est comble, la moyenne d’âge avoisine… les 80 ans.
A son arrivée, Philippe Labro est assez froid. On a peine à croire à de la timidité. Il grimace, se plaint de grésillement émis par les deux micros disposés sur la table. On se rappelle alors qu’il est journaliste depuis plusieurs décennies, que c’est un pro.
Lorsque l’animateur l’interroge, Philippe Labro l’interrompt pour rectifier ses propos. Il montre un certain agacement devant ses imprécisions, on se rappelle qu’il a l’habitude de cela, que les interviewes, il connaît cela, il en a lui-même fait des centaines. On le sent peut-être légèrement blasé.

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