Les solidarités mystérieuses

A travers l’histoire de Claire, Pascal Quignard écrit un récit polyphonique sur l’amour et la solitude.

Tandis que dans Villa Amalia (2006) Juliette quittait tout pour recommencer une nouvelle vie, l’héroïne de ce récit, Claire, retourne à ses origines, dans ce lieu où elle a passé son enfance. Elle renoue avec son passé, son premier amour Simon et son frère, Paul.

Pour la première fois, Pascal Quignard décrit les relations liant un frère à sa sœur. Ce qui l’intéresse, ce sont les liens unissant ces deux êtres, liens anciens qui remontent à la plus tendre enfance. Solidarité mystérieuse est ce lien de fratrie unissant Paul et Claire, solidarité mystérieuse aussi, mais différente, qui lie Claire à son premier amour, Simon.

En choisissant de revenir sur les lieux de son enfance, Claire est comme happée par ces paysages, ces chemins qu’elle a arpentés enfant. Petit à petit, au fil du récit, elle se fond dans la lande, les rochers, la mer. Elle fait corps avec les éléments.

Encore une fois, le style de Pascal Quignard sublime ce récit magnifique. Dans la dernière partie du livre, l’auteur choisit de donner la parole à différents personnages, « voix sur la lande », voix murmurant l’histoire de Claire, la femme élément.

Marisa

Wilt 1

Tom Sharpe

10/18, 1976

« Ou comment se sortir d’une poupée gonflable et de beaucoup d’autres ennuis encore ». L’auteur, un des grands humoristes anglais contemporains, a reçu le Grand prix de l’humour noir pour l’ensemble de son œuvre. Wilt, professeur de culture générale dans un lycée professionnel à Londres, ce qui justifierait à soi seul la crise de la quarantaine qu’il traverse, est affublé d’une femme trop énergique qui l’épuise. Voici le point de départ d’une aventure décoiffante où il sera question d’une poupée gonflable et d’envie de meurtre. C’est souvent très drôle, à la fois délirant, grossier et subtil. Je ne m’explique pas encore ce mystère, peut-être pourrez-vous m’éclairer ?

Isabelle

Que font les rennes après Noël

de Olivia Rosenthal

2011, Editions Verticales

Autre récit d’émancipation ou comment s’affranchir du désir parental, du conforme et de la norme. La force de ce récit à teneur autobiographique tient à la singularité de la forme littéraire créée par Olivia Rosenthal. Un ton décalé, distancié et rationnel, qui dans un premier temps déconcerte le lecteur pour, finalement, l’amener à ressentir l’impitoyable machine à écraser le désir que constitue la plupart de nos éducations…..Parfois cruellement drôle ….Un roman édifiant couronné cette année par le prix du Livre Inter.

Hélène

Le chagrin

de Lionel Duroy

J’ai lu, mai 2011

Je n’avais jamais lu Lionel Duroy mais je croisais régulièrement son nom et ses titres dans des articles de presse. La perspective des vacances me fit chercher un roman bien dense, je choisis « Le chagrin », 734 pages dont je ne savais rien. A peine la lecture entamée, me voici happée par un récit autobiographique tellement extraordinaire que j’ai dû à plusieurs reprises me rappeler que les personnages et les situations rapportés par l’auteur avaient réellement existés !

De la naissance de l’auteur au sein d’une famille qui comptera jusqu’à 11 enfants jusqu’à l’acte d’émancipation final, le récit rend compte du combat acharné pour exister  ….ou comment se libérer des liens du sang. Magistral  et poignant !

Hélène