Lait et miel de Rupi Kaur

Déjà le titre est prometteur : Lait et miel, les deux éléments nécessaires et réconfortants d’un dimanche froid d’hiver.

A travers eux, la jeune poétesse se fraye un chemin dans sa féminité, en quête de sens et de reconnaissance, dans un monde machiste. Son écriture est une démarche féministe assumée et la sobriété de son écriture en fait sa beauté. Lire la suite

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Les Hautes Herbes

 

Les Hautes Herbes d’Hubert Voignier est une partition de poésie, composée de quatre mouvements : impulsif, récitatif, dérivatif et méditatif. La porte de cet univers est la jaquette, dont l’éditeur a pris soin d’agrémenter le livre. Elle est tissée, fibreuse et recouverte d’ombelles, et de nuances vertes différentes, promesses du texte à venir. A l’intérieur, les illustrations d’Estelle Aguelon sont aussi discrètes que les fleurs sauvages qu’elles représentent, pour disparaitre dans la couleur de la police utilisée, celle des champs.

En pénétrant Les Hautes Herbes, j’ai fait corps avec la Nature, dans un dialogue sensoriel et charnel. J’attendais, patiemment, son réveil. Je le redécouvrais au plus près d’elle-même, dans tous ses bruissements, des bourdonnements d’insectes au vent dans les feuilles palmées de la trolle. Je humais les odeurs multiples des fleurs, des moments de la journée, des évènements jusqu’à éternuer, submergée par le pollen. Enfin, j’ai aimé l’écriture du poète lyonnais qui est précise, savante aussi dans l’innombrable dénomination des fleurs, qui appelle à la rêverie. Le printemps revenu diffuse ses beautés, on ne peut plus naturelles, et distille un furieux désir de stopper les habitudes quotidiennes et, surtout, leur rythme cyclique et effréné. Dans ce récit, tous les verts sont tendres, à l’émotion de la sève qui monte, à croire qu’elle serait aussi notre carburant pour les mois à venir.

Bérengère, 9 août 2018

Vous pouvez aussi écouter des extraits en postcast sur France culture, lus par des membres de la Comédie française qui mettent en valeur ce texte.

L’écriture poétique de Laura Kasischke

laura-kasischke-liseuses-de-bordeauxLaura Kasischke est un grand écrivain. Ses romans m’empoignent et me bouleversent par leur intrigue aiguisée, leur écriture poétique, et leurs images qui s’ancrent dans ma mémoire… Reconnue aux États-Unis pour sa poésie, pour laquelle elle a obtenu de nombreux prix, celle-ci n’avait à ce jour jamais été traduite en français. C’est chose faite avec Mariée Rebelles, premier recueil de poèmes de Laura Kasischke, sorti en 1992 dans son édition originale, et publié cet automne chez Page à Page en format bilingue.

Elle y raconte son histoire, sobrement. Marie Desplechin, qui signe la préface de ce recueil, écrit à propos de cette collection de textes, qu’elle n’est « jamais intimidante, exclusive ou rébarbative. C’est sans avoir le sentiment de consentir un effort qu’on y entre. »

Laura Kasischke a eu la gentillesse de me recevoir alors qu’elle participait au festival America à Vincennes. L’occasion de comprendre son rapport à la poésie, source de toute son écriture. Lire la suite

Un moment autour de Gabriel Okoundji

gabriel-mwene-okoundji-liseuses-de-bordeauxL’Escale du Livre nous a offert deux moments intenses en compagnie du poète aquitain d’origine congolaise, en donnant la parole à plusieurs de ses traducteurs, puis en lui confiant la scène pour une lecture de ses poèmes.

Au matin de la parole, Prière aux ancêtres, Vent fou me frappe, Gabriel Mwènè Okoundji écrit en français. « Pas en français ! » s’amuse son traducteur occitan, Joan Pèire Tardiu qui n’aime pas traduire le français trop proche de sa langue, préférant l’espagnol ou l’arabe, plus distants. Lire la suite

Marin mon cœur

de Eugène Savitzkaya

Les Editions de Minuit, 2010

Attention petit bijou ! 95 pages sous-titrées « Roman en mille chapitres dont les neuf dixièmes sont perdus » écrites par un père, le poète et romancier Eugène Savitzkaya, découvrant son premier-né, Marin. Fascination du géant pour les prodiges qu’accomplit le petit nain qui déjà prend ses aises et son autonomie.

Petit aperçu ( page 91) : « Le lion Marin secoue sa crinière dont la poussière monte devant le soleil. Chaque événement du jour lui prouve qu’il est bien le lion de la ménagerie. Les oiseaux s’envolent à son approche, les chats le craignent qui pourtant n’ont peur de rien et les chiens les plus calmes grognent sur son passage. »

Hélène