photo de la rencontre au théâtre Chateaubriand de Saint-Malo : la réalisatrice Eliza Levy et l'anthropologue Philippe Descola.

Descola, le naturalisme et la mouette voleuse de kouignamann

De retour du festival Étonnants voyageurs auquel j’ai eu la joie de me rendre en compagnie des Liseuses de Bordeaux, les images bouillonnantes remontent à la surface (ce fut intense !), accompagnées des odeurs de mer et de crêpes saucisses mêlées, le souvenir de lectures bien vivantes par les auteurs présents (Lola Lafon, Paul Lynch…), les sons épars de paroles entendues ici ou là, qu’il s’agisse de commentaires émerveillés à la suite d’une rencontre passionnante ou de l’agacement, pour ne pas dire la colère de certains festivaliers s’étant vus refuser l’entrée à un événement tant convoité, malgré de longues files d’attente…

Parmi les temps forts de ce festival auxquels j’ai eu la chance de participer, il y a eu, le dimanche matin, la projection du documentaire Composer les mondes d’Eliza Lévy, dont la caméra suit les tribulations d’étranges animaux nocturnes, et, sans transition, Philippe Descola et Anne-Christine Taylor, sa femme, ethnologues tous les deux, à la rencontre d’habitants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

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La splendeur et l’infamie, de Erik Larson

Voici un livre qui se lit comme un roman mais qui n’en est pas un.

C’est un ouvrage historique qui suit presque jour par jour les événements se déroulant en Grande-Bretagne du 10 mai 1940 au 10 mai 1941, c’est-à-dire pendant la première année du gouvernement de Winston Churchill en tant que PM.  (Premier ministre). Son titre, La splendeur et l’infamie, distribue les rôles : celui de la Grande-Bretagne face à l’Allemagne nazie désireuse de négocier avec Churchill et finalement contrainte par son refus à la détruire. Un troisième acteur est poussé sur la scène par Churchill, les Etats-Unis avec son congrès et son peuple qui pendant de longs mois se demanderont chacun avec ses raisons « j’y va t’i, j’y vas t’i pas ? »

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Manger moins (et mieux) de viande, de Gilles Daveau

Avec la nouvelle année, arrivent les bonnes résolutions.

Et si on mangeait moins de viande ? Mais pourquoi me direz-vous. On apprend dans ce livre de Gilles Daveau que « l’élevage émet 14,5 % de gaz à effet de serre : plus que le secteur de transport. Et il faut 10 à 12 fois plus d’eau, de surface agricole et de pétrole pour produire des protéines bovines en système intensif que pour obtenir autant de protéines végétales… S’attaquer de front à la viande rend le sujet obsessionnel, comme lorsqu’on demande de ne pas penser à un éléphant rose : l’image s’impose instantanément. Encore une injonction morale et alimentaire de plus ! »

Ici pas question de culpabiliser mais d’expliquer avec des illustrations d’Etienne Friess humoristiques qui viennent alléger les nombreuses références à des études scientifiques.

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En votre intime conviction, de Clémentine Thiebauld

Voici un livre ne relevant ni du roman ni de l’essai mais du témoignage ou plus précisément du récit en immersion, comme l’indique l’éditeur. A ce titre, il pourrait exercer un moins grand pouvoir d’attraction sur un lectorat avide d’histoires imaginaires ou intéressé par la spéculation intellectuelle. Si à cela on ajoute que ce témoignage est l’expérience jour après jour d’une jurée d’Assises, on pourrait être tenté de passer son chemin ou alors, bien au contraire, de se laisser piquer par la curiosité en saisissant cette occasion d’entrer comme par effraction dans un lieu qui en impose terriblement.

Clémentine Thiébaut, journaliste en critique littéraire, est un beau jour désignée par tirage au sort pour devenir le temps d’une semaine une auxiliaire de la justice.

D’abord abasourdie, elle ne sait s’il faut se réjouir ou se désoler de cette nouvelle dont elle pressent qu’elle va terriblement bouleverser l’organisation de son quotidien et provoquer un certain remue-ménage dans le monde de ses pensées et de ses émotions. Elle nous fait vivre presque heure par heure les prolégomènes du procès puis la journée d’une jurée d’Assises qui découvre toutes ses arcanes, ses protocoles, ses coulisses (la salle des délibérés), ses acteurs côté Cour et si j’ose dire côté jardin (les accusés), ses moments d’ennui ou d’agacement mais surtout l’extraordinaire opportunité d’approcher au plus près des semblables à mille lieues de son univers. Mais au-delà de la partie visible de la machine judiciaire, l’auteur nous fait découvrir tout ce qui l’actionne : ses mécanismes, ses règles, ses prescriptions, ses lois et nous permet de soulever les lourds drapés qui voilent l’exercice de la justice.

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