La Petite Bonne de Bérénice Pichat

La Petite Bonne, ce titre m’a fait de l’œil dès que je l’ai aperçu. 

Parmi la profusion de sorties littéraires en ce mois de septembre, c’est celui-ci que j’ai choisi. J’aime les histoires qui parlent des femmes, des strates qui les composent, et que l’auteur a plaisir à effeuiller pour en faire des écrits vibrants et infinis. J’aime encore plus quand il s’agit de femmes de rien, d’aspect ordinaire. Elles ont le pouvoir de révéler tous leurs potentiels dans leurs vulnérabilités et leurs insuffisances.

Dans ce roman écrit par Bérénice Pichat, la petite bonne qui n’a pas de prénom et sera toujours présentée comme telle, va chez le couple Daniel s’occuper de l’entretien de leur demeure bourgeoise. Monsieur, autrefois pianiste émérite est un grand mutilé de la 1ère guerre mondiale. Sa femme, Alexandrine, veille sur lui depuis plus de 20 ans, vivant dans l’ombre de cet homme ravagé par la solitude et la souffrance. Et si Monsieur profitait de l’arrivée de cette jeune bonne pour l’aider à réaliser son funeste projet ?

 Elle est assise

Face à lui

Ses entrailles la brûlent

Elle sent ses joues rouges

Sa peau qui tire

Elle réfléchit

Elle a très bien compris

Ce que Monsieur lui demande

Il a parlé clairement

Joué cartes sur table

La vérité apparaît

Toute simple

Dans son horreur

Face à elle

Il attend

Crispé

Tendu

Et si elle acceptait 

Il veut y croire

Peut- être est-ce possible 

Notre petite bonne va, contre toute attente, s’imposer dans leurs vies et bousculer leur fragile équilibre. Sa fraîcheur, son authenticité et ses blessures vont trouver un écho auprès de ce bout d’homme brisé. Ce récit puissant sous forme de huit clos, donne une voix singulière à chaque personnage. Bérénice Pichat donne à la petite bonne, une narration unique sous forme de vers libres donnant ainsi plus de corps à ces mots.

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Katie, de Michael McDowell

Tellement heureuse de retrouver l’univers sombre et macabre de Michael McDowell.  Mon rituel avant de débuter la lecture, prendre le temps d’observer la beauté de la couverture et y interpréter les indices dessinés par l’illustrateur Pedro Oyarbide. L’objet est sublime, tout comme les autres, avec ses dorures et ce rouge flamboyant.

Katie, le dernier opus de la collection des Editions Monsieur Toussaint Louverture est une pépite. Michael McDowell nous embarque à nouveau dans les thèmes qui lui sont chers : les femmes puissantes, la vengeance, l’argent, le spirituel. Le tout saupoudré d’une ambiance sépulcrale fin 19e siècle newyorkaise. Dans ce volume, deux femmes unies par le destin offrent au lecteur un duel ardent et sans pitié. Chacune d’elle incarne la puissance, le courage et une volonté sans limites.

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Des libraires à l’honneur : Encre Blanche à Pessac

« Une visite à la librairie, c’est comme rentrer à la maison et partir à l’aventure en même temps »

Entrer et apprécier l’odeur rassurante du papier neuf
Laisser fureter ses yeux sur les beaux volumes et les couvertures colorées
Prendre le temps de flâner, sans forcément chercher
Laisser le temps s’écouler
S’arrêter dans une rangée et se laisser accrocher

C’est l’atmosphère chaleureuse que j’aime trouver dans une librairie. Un espace qui m’offre la possibilité d’être surprise, inspirée, chamboulée et où je me sente bien(venue). C’est ce que j’ai ressenti en entrant dans la librairie Encre Blanche à Pessac, nouvellement reprise par Aude. Cette librairie, accolée au cinéma indépendant Jean Eustache, a été créée il y a 18 ans par M. Franck ; la ville ayant le projet d’étoffer l’offre culturelle du centre-ville. Après de nombreuses années à ce poste, il passe le flambeau en octobre 2023 à une nouvelle équipe de libraires engagés et dynamiques dont Aude, la gérante que j’ai rencontrée et Diane.

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Charlotte, de David Foenkinos. Le coup de cœur de Pauline.

C’est l’histoire d’une fascination. Celle qu’a éprouvée David Foenkinos quand il a découvert l’œuvre de Charlotte Salomon, artiste peintre d’origine allemande et de confession juive, décédée à l’âge de 26 ans. Il s’est senti happé par ses peintures, comme quand on sait, au fond de soi, être en proie à une douce intrusion. Comme une sensation de familiarité, une sorte de vibration interne que l’âme reconnait. Il commence alors un travail de recherche qui durera 8 ans, allant même jusqu’en Allemagne pour découvrir qui était Charlotte, sa vie, son histoire et son destin tragique.  

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