No country for old men

cormacLe titre de ce post aurait pu être Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme., comme le traduisent les Editions de l’Olivier, mais je trouve ce titre tellement mauvais que je préfère revenir à l’original.

Nous avions déjà discuté du célébrissime roman de McCarthy La route, couronné par le prix Pulizer en 2007, l’année même où sort l’adaptation de ce roman, No country for old men. Là encore, le regard porté sur la condition humaine est assez désespéré.

Alors qu’il chasse l’antilope à la frontière du Mexique, Llewelyn Moss voit aux jumelles des cadavres et des voitures abandonnés en plein désert. Les corps sont criblés de balles, un homme gît à l’agonie, une cargaison d’héroïne remplit un des coffres.  Plus loin, il découvre une serviette en cuir pleine de billets de cent dollars qu’il emporte.
S’ensuit alors une véritable chasse à l’homme. Des trafiquants de drogue, un tueur à gages, un shérif, un ancien officier des Forces spéciales, tous se mettent à la recherche de Moss, pour le protéger ou lui faire la peau.
C’est là que se révèle le talent de McCarthy.  Une écriture brute, sans fioritures. La justesse des dialogues. Ce brin de nostalgie, aussi, lorsque le vieux shérif, le viel homme du titre, se remémore l’Amérique de ses ancêtres. Et le personnage de Chigurh, le tueur à gages, sans conteste notre personnage préféré.

Marisa

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Jean Echenoz, Editions de Minuit, 2012

En triant des documents suite au décès d’un proche, Jean Echenoz découvre des carnets rédigés par un appelé durant la Grande Guerre. Poussé par la curiosité, il retranscrit ces carnets, suit le mouvement des troupes sur des cartes géographiques et, de fil en aiguille, se documente sur la guerre durant de longs mois.

Tout naturellement, il décide d’en faire un roman. Après la trilogie RavelCourirDes éclairs, romans sur la vie de personnages réels, Jean Echenoz imagine l’histoire de cinq hommes partis à la guerre et d’une femme qui en attend deux d’entre eux, Anthime et son frère Charles.

Là où l’écrivain excelle, c’est dans son choix de ne pas dresser une fresque interminable sur la Grande Guerre. A l’image de son titre, le roman sera bref, concis, resserré, percutant, car « tout cela ayant été décrit mille fois, peut-être n’est-il pas la peine de s’attarder encore sur cet opéra sordide et puant ». C’est un pari réussi puisqu’en 124 pages, tout est dit.

Marisa

Jayne Mansfield 1967

Jayne Mansfield – DR

Simon Liberati, Grasset, 2011

Aux basses heures de la nuit, le 29 juin 1967, sur un tronçon de la route US 90 qui relie la ville de Biloxi à La Nouvelle-Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé, modèle 66, se trouva engagée dans une collision mortelle.
Ainsi commence cet hommage fétichiste du sulfureux Simon Liberati, récompensé en 2011 par le prix Femina.

L’auteur nous avait déjà prévenu dans une interview accordée en 2009 au Nouvel Obs: Mon goût de la décapitation ne me vient pas de Marie-Antoinette, mais de la blonde Jayne Mansfield, morte décapitée dans un accident de voiture. Fixation oedipienne: enfant, j’allais avec papa à la sortie des Folies-Bergère, dans un café. Entre deux spectacles, maman sortait en peignoir. Elle était très maquillée et teinte en blonde.

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