La femme au Dragon Rouge, de J.R. dos Santos

Découvert et édité en France par les éditions Hervé Chopin, J.R. Dos Santos est un ancien reporter de guerre. Journaliste, il est depuis de nombreuses années le présentateur vedette du 20H au Portugal. Ecrivain, il est connu dans le monde entier avec la saga Tomas Noronha, cet éminent professeur d’histoire spécialisé en cryptologie dont on suit les aventures qui servent toujours le même but : remettre en cause une vérité préétablie. Ce qui fait la force des romans de J.R. Dos Santos, c’est l’énorme travail de recherche, d’analyse d’une situation derrière chacun de ses romans.

Et c’est justement l’aspect géopolitique de son dernier thriller érudit qui m’a intéressé. Dans « La femme au dragon rouge » nous suivons deux intrigues en parallèle qui finissent par se croiser. D’une part Tomas Noronha doit retrouver sa compagne enlevée en Inde avec une mystérieuse femme au voile noir. D’autre part, nous découvrons une jeune Ouïghour en Chine, dans la région du Xinjiang, où les Hans forment la majorité ethnique. A travers elle, nous suivons le plus grand système de censure, de surveillance et de contrôle de la population au monde avec des violations massives de la vie privée et des droits des personnes. Installant des caméras dans chaque rue, mais également dans les logements des minorités ethniques, la surveillance devient aussi normale que l’air qu’on respire. Puis, c’est l’atrocité des Laogai, ces camps de concentration soit disant crées par le parti communiste chinois pour prévenir l’extrémisme, le terrorisme et le séparatisme, qui sont décrits.

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Les éditions Hervé Chopin ont fêté leurs 30 ans cette année

Les éditions Hervé Chopin fêtent leurs 20 et 30 ans. En effet, Hervé Chopin a commencé son activité d’éditeur à 22 ans tout en ayant une autre activité alimentaire à côté. Puis 10 ans plus tard, sous l’impulsion de son épouse, Isabelle, ils ont décidé de consacrer 100 % de leur temps à ce métier.

Une belle occasion pour les rencontrer et savoir un peu mieux comment fonctionne une maison d’édition indépendante.

Hervé Chopin, qui était collectionneur de cartes postales, a commencé avec une collection d’illustrés : Images d’antan.

L’idée est de faire un voyage dans le temps à la belle époque, qui est la période phare de la carte postale. C’est une collection qui continue à exister car elle fonctionne bien. Un texte historique, informatif et accessible qui répond aux questions que peuvent poser les cartes postales. Il existe environ 130 parutions, et comme cela marche bien nous avons ouvert d’autres collections sur le patrimoine et la culture, des monographies de peintres, d’artistes, designers, sur les monuments historiques des différents départements.

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Rencontre avec les nominés du prix de littérature française de Lire en poche

@photos Seb Perchec / Lire en Poche 2024

Les organisateurs de Lire en poche nous ont fait un très beau cadeau : accompagnée de quatre instagrameuses, j’ai pu discuter avec 5 des auteurs nominés pour le prix de littérature française : Avril Bénard (A ceux qui ont tout perdu, J’ai lu), Fanta Dramé (Ajar-Paris, Harper Collins), Guillaume Lebrun (Fantaisies guerrillères, Christian Bourgois), Hadrien Bels (Tibi la blanche, Proche), Feurat Alani (Je me souviens de Faloujah, Le livre de poche). Pour plusieurs d’entre eux, ils présentaient leur premier roman.
Une rencontre intimiste et détendue où chacun nous a livré des éléments sur son processus d’écriture. Comment ils en sont arrivés à écrire leur roman mais également leurs doutes. Ce moment était bien trop riche pour le garder pour moi, j’avais envie de le partager avec vous et d’en garder une empreinte écrite.

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Le club des enfants perdus de Rebecca Lighieri

Je déteste lire des pavés, ça me fatigue à l’avance. Mais je craque dès que je vois certains noms d’auteurs. C’est le cas de Rebecca Lighieri. Je savoure son écriture, et j’aime les sujets auxquels elle est attachée.

C’est par le regard d’Armand que s’ouvre ce roman. Comédien reconnu, cet être narcissique a une conscience aiguë de ce qu’il est, de ce qu’il vaut et de ce qui importe dans sa vie. Néanmoins, comme il le dit :

J’étais bien parti pour être un connard

Non conformiste, il aime d’autres femmes que la sienne tout en considérant que Birke, son épouse reste le centre de sa vie. Comédienne également, elle l’a tiré vers l’excellence. Pourtant ce n’était pas gagné pour cette femme sublime et déterminée. Née dans une famille dysfonctionnelle, avec des parents toxicos et violents, elle dissimule des secrets honteux. Pour Armand, sa femme est une rescapée. Leur fille Miranda, âgée d’une vingtaine d’années, n’a rien en commun avec ses parents. Elle est dépressive, petite, fragile et sans éclat. Enfin, c’est ainsi qu’ils la voient. Armand voue un amour infini à sa fille et il aimerait sincèrement qu’elle soit heureuse. Malgré toute leur compassion, les parents de Miranda la trouvent désespérément lisse. Il faut dire que Birke n’était pas faite pour être mère et elle entretient très peu de relations avec sa fille. Miranda, quant à elle, se considère comme une bouffonne paumée.

Face à mes parents, je me suis toujours sentie comme un insecte englué dans une toile, ou comme un oiseau affolé par trop de phares

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