Madelaine avant l’aube, de Sandrine Collette

L’univers très particulier des romans de Sandrine Collette est une des raisons de son succès. Dans Madelaine avant l’aube, comme dans beaucoup d’autres, il n’y a pas d’espace temporel ni de lieu identifiable. Son schéma d’écriture correspond au conte, comme elle nous l’expliquera au salon du livre de Saint-Malo Étonnants Voyageurs. L’autrice ne dit jamais où se situe l’action ni quand. Elle souhaite que cela reste universel. Dans le domaine du conte, on utilise des archétypes. Et c’est ce qui lui plaît. Tout n’est pas donné.

Dans « Madelaine avant l’aube » Sandrine Collette créée une fiction dans un entre deux, laissant le lecteur deviner qui est le narrateur ou en jouant avec l’identité de certains personnages du roman.

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Badjens, de Delphine Minoui

Avec son dernier roman Badjens, Delphine Minoui nous parle d’un Iran d’aujourd’hui où les jeunes femmes ont entrepris un soulèvement pour faire entendre leur voix, pour être respectées au même titre que les hommes, pour avoir le choix de porter ou non leur foulard.

Comme nous l’a dit l’autrice au salon Etonnants Voyageurs de Saint-Malo, ce roman, c’est un pas de côté par rapport à son métier de journaliste. Il y a d’abord un propos, le port du voile obligatoire en Iran, et après elle a tissé un fil imaginaire grâce à la fiction pour raconter l’histoire de cette jeune fille.

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Tous les silences ne font pas le même bruit de Baptiste Beaulieu

C’est beau un homme quand même. Un homme, un vrai. Un homme comme Baptiste Beaulieu qui respecte les femmes, qui les soutient parce qu’il les voit dans son cabinet, il les entend.

« Ma femme est en pleine ménopause. Elle est de mauvaise humeur. J’ai droit à rien, même pas à une petite caresse de dépannage de temps en temps ». Sa femme se débat avec les bouffées de chaleur, les sautes d’humeur, le moral en berne, le maelström hormonal, et lui en bon gros mâle pourri gâté, il boude parce qu’il n’a même pas droit à ses caresses « de dépannage ».
Alors oui, tu le sais, on te dira « pas tous les hommes », comme si tu ignorais ce qu’est une généralisation abusive ! Et bien tu t’en fous : tant qu’il restera un seul pourri, il en sera de la responsabilité des autres de l’écarter, le temps qu’on lui inculque ce qu’il faut de respect et de dignité. Albert Camus disait « un homme ça s’empêche ».

Ce médecin, chroniqueur sur France Inter, qui ose dire les inégalités, les injustices, est aussi un écrivain. Alors lisez le, et en particulier Tous les silences ne font pas le même bruit. Il nous parle de sexualité, de toutes les sexualités mais surtout d’amour entre les êtres, quel que soit leur sexe. Nous vivons dans une société où nos identités sont politiques.

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Une vie en apnée de Perrine Austry

« Ici le froid gèle les cœurs ».

L’incipit d’Une vie en apnée de Perrine Austry  vous met tout de suite dans l’ambiance. 

Hilde et Katarina sont deux sœurs inséparables vivant en Norvège. Un grave accident plonge la cadette dans d’horribles souffrances. Pour limiter les douleurs et la surmédication, Katarina décide d’utiliser le froid comme thérapie. Elle plonge dans un lac gelé son membre endolori, puis, tout son corps. Cette glace lui apporte un second souffle, ses muscles comme son esprit se détendent. Elle se lance alors un défi : réussir un record du monde en apnée en eau gelée. Sa sœur Hilde est terrifiée mais, tel un ange gardien, elle soutient sa sœur dans cet exploit sportif dangereux. Le noyau familial commence à se couper du monde extérieur.

C’est une apnée pour les personnages de ce roman qui n’arrivent pas à communiquer. Mais ça l’est également pour le lecteur. Perrine Austry ne met aucun dialogue dans la première partie de son roman. Il est écrit à la troisième personne nous mettant ainsi à distance avec les personnages qui nous paraissent inaccessibles. Chacun semble être dans une bulle gelée. Un isolement pour se protéger. L’autrice utilise le champ lexical du froid ainsi que des métaphores autour du monde aquatique, de la respiration.

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