Tous les silences ne font pas le même bruit de Baptiste Beaulieu

C’est beau un homme quand même. Un homme, un vrai. Un homme comme Baptiste Beaulieu qui respecte les femmes, qui les soutient parce qu’il les voit dans son cabinet, il les entend.

« Ma femme est en pleine ménopause. Elle est de mauvaise humeur. J’ai droit à rien, même pas à une petite caresse de dépannage de temps en temps ». Sa femme se débat avec les bouffées de chaleur, les sautes d’humeur, le moral en berne, le maelström hormonal, et lui en bon gros mâle pourri gâté, il boude parce qu’il n’a même pas droit à ses caresses « de dépannage ».
Alors oui, tu le sais, on te dira « pas tous les hommes », comme si tu ignorais ce qu’est une généralisation abusive ! Et bien tu t’en fous : tant qu’il restera un seul pourri, il en sera de la responsabilité des autres de l’écarter, le temps qu’on lui inculque ce qu’il faut de respect et de dignité. Albert Camus disait « un homme ça s’empêche ».

Ce médecin, chroniqueur sur France Inter, qui ose dire les inégalités, les injustices, est aussi un écrivain. Alors lisez le, et en particulier Tous les silences ne font pas le même bruit. Il nous parle de sexualité, de toutes les sexualités mais surtout d’amour entre les êtres, quel que soit leur sexe. Nous vivons dans une société où nos identités sont politiques.

Lire la suite »

Une vie en apnée de Perrine Austry

« Ici le froid gèle les cœurs ».

L’incipit d’Une vie en apnée de Perrine Austry  vous met tout de suite dans l’ambiance. 

Hilde et Katarina sont deux sœurs inséparables vivant en Norvège. Un grave accident plonge la cadette dans d’horribles souffrances. Pour limiter les douleurs et la surmédication, Katarina décide d’utiliser le froid comme thérapie. Elle plonge dans un lac gelé son membre endolori, puis, tout son corps. Cette glace lui apporte un second souffle, ses muscles comme son esprit se détendent. Elle se lance alors un défi : réussir un record du monde en apnée en eau gelée. Sa sœur Hilde est terrifiée mais, tel un ange gardien, elle soutient sa sœur dans cet exploit sportif dangereux. Le noyau familial commence à se couper du monde extérieur.

C’est une apnée pour les personnages de ce roman qui n’arrivent pas à communiquer. Mais ça l’est également pour le lecteur. Perrine Austry ne met aucun dialogue dans la première partie de son roman. Il est écrit à la troisième personne nous mettant ainsi à distance avec les personnages qui nous paraissent inaccessibles. Chacun semble être dans une bulle gelée. Un isolement pour se protéger. L’autrice utilise le champ lexical du froid ainsi que des métaphores autour du monde aquatique, de la respiration.

Lire la suite »

La conversation amoureuse, d’Alice Ferney

25 ans. Ce roman d’Alice Ferney est sorti en 2000, il y a 25 ans. Je suis stupéfaite que les questions posées par ce chef d’œuvre soient aussi contemporaines. Pourtant, j’ai lu certaines critiques récentes disant « Heureusement que les choses ont changé ». Non, rien n’a changé. La relation à l’autre est toujours aussi compliquée et chacun fait comme il peut.

Le pitch

Alors que plusieurs couples se retrouvent pour une soirée (les hommes d’un côté à regarder du sport à la TV, et les femmes à manger et à papoter), deux personnes manquent à l’appel : Pauline a prétexté un repas professionnel laissant son mari rejoindre les autres et Gilles ne souhaite pas aller à cette soirée où son ex-femme risque d’être. Ces deux-là sont ensemble, à se découvrir par les mots et les silences créant un sentiment de proximité. Ainsi débute l’histoire avec différentes conversations autour de l’amour, du couple où chacun, chacune, donne sa version des choses. Le roman se termine de nombreuses années plus tard et donne l’occasion de voir comment la vie s’est écoulée pour chacun d’entre eux.

Lire la suite »

Tous les jours, Suzanne de La Grande Sophie

Voilà 20 ans que j’écoute La Grande Sophie. Découverte lors du festival « Jours de fête à Mussonville » à Bègles en 2004, j’ai craqué pour cette nana atypique. Je ne suis pas une dingos de la foule et des concerts, pourtant en 2013, j’embarque ma copine basque, la petite Sophie, rencontrer La Grande à Tarnos sous un chapiteau au Festimai. J’étais au bord des larmes lorsqu’elle est descendue dans le public tout près de nous. En 2019, c’est au Rocher Palmer que je retrouve la Grande Sophie, avec toujours autant d’émotions.

Alors, évidemment, lorsque je découvre qu’elle a écrit un livre et qu’elle passe à l’entrepôt du Haillan…je fonce. Ma place pour le spectacle est au chaud depuis deux mois sur mon bureau et j’attends patiemment le 14 mars. Le livre Tous les jours Suzanne, je viens de le terminer. La Grande Sophie est née comme moi en 1969, et Suzanne est un prénom auquel je suis attachée, puisque c’est le second prénom de ma fille et qu’il me rappelle un être cher. Ça faisait trop de coïncidences pour passer à côté. Les lettres que la Grande Sophie adresse à Suzanne nous dévoilent ses failles, ses doutes, ses joies et ses peines.

Lire la suite »