Les enfants des autres de Pierric Bailly

Les enfants des autres, de Pierric Bailly« Mon truc à moi c’est plutôt la fuite, la fuite en forêt. C’est comme ça que je réagis quand la situation me dépasse, quand je craque, quand ça déborde. Je sors de la maison et pars marcher une heure ou deux dans les bois. Une heure ou deux… ou bien la nuit entière. Une fois je suis même revenu avec des croissants et du pain frais. »

Bobby vit avec Julie dans une petite ville de province. Il travaille sur des chantiers. Il aime marcher dans la forêt qu’il connaît bien où une découverte macabre vient d’avoir lieu : le corps d’une femme assassinée. Bobby aime rendre visite à sa grand-mère et aime ses enfants. Ses enfants ? Mais ce sont les enfants de leurs amis Max et Alexa, prétend Julie quand Bobby les cherche partout dans la maison. Et Bobby ne sait plus très bien surtout depuis qu’il a surpris, croit-il, Julie avec Max, son meilleur ami, dans une scène sans équivoque. (Résumé éditeur)

Bobby traverse une mauvaise passe. Que se passe-t-il dans sa tête ? Pourquoi tout le monde semble lui dissimuler la vérité ?
Les enfants des autres est un roman à rebondissement, rythmé et haletant, servi par un style fluide et sobre, proche de la langue parlée. L’auteur prend un malin plaisir à déstabiliser le lecteur en disséminant les indices (s’agit-il vraiment d’indices ?) et multipliant les fausses pistes, pour l’emmener dans un récit où vérité et fantasme se mêlent et se confondent.
A travers Bobby et Max, tous deux en proie au doute, Pierric Bailly interroge le désir de paternité, analyse les craintes qui s’emparent des jeunes pères et les regrets éprouvés parfois à l’égard de la vie d’avant.
Sait-on vraiment qui est Bobby et qui est vraiment Max ? Et lequel des deux a l’existence la plus enviable ? Et Julie, pourquoi personne ne semble se préoccuper de sa disparition ? Si vous aimez jouer et perdre pied, vous adorerez ce livre que vous ne pourrez plus lâcher.

Marisa, 14 mars 2020

Par les routes de Sylvain Prudhomme

Par les routes, de Sylvain PrudhommeSacha, 40 ans, célibataire et sans enfant, quitte Paris pour V. (le nom est une simple lettre), une ville du Sud-Est. Il y retrouve un ami qu’il n’a plus vu depuis 20 ans. Ils cohabitaient quand ils étaient étudiants. C’est un ami avec lequel il avait beaucoup voyagé en auto-stop. D’ailleurs, il n’a pas d’autre nom que l’auto-stoppeur. Puis, ils s’étaient perdus de vue sans qu’on en sache les raisons, seulement que Sacha lui avait demandé de sortir de sa vie. L’auto-stoppeur a un peu vieilli, vit de petits boulots et est en couple avec Marie, avec lequel a un fils : Agustín. Pourtant, son envie de partir est plus forte et petit à petit, il part, de plus en plus longtemps, de plus en plus loin, à travers la France. Ces randonnées ont, pour lui, la beauté des rencontres, des personnes de tous âges et de toutes conditions sociales, avec lesquelles il fait un bout de chemin. De son côté, le narrateur, Sacha, prend de plus en plus de place dans la vie de Marie et d’Agustín.

Si l’auto-stop n’était pas un sujet qui m’intéressait plus que cela, j’ai aimé toute la poésie de Sylvain Prudhomme, la tendresse et la délicatesse qui s’en dégagent. Enfin, toute ponctuation expressive est absente et permet au lecteur de choisir lui-même les nuances de sentiments ou d’émotions qu’il veut donner aux propos de l’auteur.

Bérengère, 27 février 2020

Petit déjeuner avec Maylis de Kerangal

©Sébastien Perchec/Lire en Poche 2018

Lors du salon Lire en poche 2018, j’ai eu le plaisir d’animer un petit déjeuner littéraire avec Maylis de Kerangal, marraine du salon. L’auteure a tout de suite émis le vœu que les participantes (pas d’homme, comme trop souvent dans ce genre d’occasion !) se présentent. Outre l’intérêt qu’elles portent à l’écriture de ses romans, ces dames avaient toutes une raison bien personnelle de s’intéresser à l’un ou l’autre de ses ouvrages. On mettait là d’emblée le doigt sur la diversité des thématiques traitées par l’auteure. Réparer les vivants fut le roman le plus souvent cité.

Une des participantes aborde l’adaptation à l’écran de ce roman et demande à Maylis de Kerangal de quelle façon elle est intervenue dans la réalisation du film. En fait, comme Maylis nous l’explique, lorsqu’un écrivain signe un contrat de cessions avec l’éditeur, il cède à l’éditeur les droits d’exploitation de son texte, ce qui vaut pour le livre mais aussi pour une éventuelle adaptation au cinéma et au théâtre (sachant que l’auteur peut ne pas signer certaines cessions). De ce fait, on ne peut à la fois vendre les droits à un producteur et en même temps vouloir intervenir dans la réalisation à la place du réalisateur. Lire la suite