Crash-test de Claro

crash-test-claro-liseuses-de-bordeauxDans les années 1970, les mannequins de silicone n’existaient pas encore. Alors, pour effectuer des tests d’accidents de voitures, les entreprises utilisaient des corps de personnes mortes et non réclamées. L’un des personnages de Claro est un manutentionnaire d’une de ces entreprises. Toute la journée, il manipule des corps désarticulés et sans vie. Il déshumanise ces êtres et s’oublie lui-même, il n’est plus qu’un pantin qui tente d’articuler sa propre vie.
Comment continuer à avancer si c’est en faisant toujours face à la mort ?
Et puis, il y a cette strip-teaseuse, elle aussi est confrontée à d’autres corps dont le mouvement cherche à exercer une pression sur elle. Elle articule ses membres et se crée une échappatoire.
Le troisième et dernier personnage est un adolescent qui découvre les mystères de son corps à travers les bandes dessinées pour adultes, cachées dans la penderie de sa mère.
D’une écriture ciselée et tranchante, Claro décrit trois vies, leur quotidien banal voire pathétique. Mais il laisse transparaître une vraie tendresse pour ses personnages car ce qu’ils vivent est dur et douloureux : ils cherchent une dignité d’être humain en vie.

Berengère, 22/08/2015

Interview d’Ovidie : une leçon de féminisme

ovidie-jerome-d-aviau-histoires-inavouables-liseuses-de-bordeauxC’est une soirée de la Saint-Valentin pour le moins atypique qu’ont passé les Liseuses Bérengère et Isa G. à l’Inox de Bordeaux. Elles ont assisté à la lecture dessinée proposée par Ovidie et l’illustrateur bordelais Jérôme d’Aviau, tous deux invités par l’Escale du Livre à l’occasion de la sortie de leur BD érotique « Histoires Inavouables ».
Le lendemain, nos deux Liseuses ont retrouvé Ovidie en tout intimité pour une interview.

Cette BD comprend dix histoires cocasses, drôles et sexy écrites par vous. Au-delà de ces histoires, quel est le message que vous avez souhaité faire passer ?
Ovidie : Le message global est un message sur la société actuelle. Ce n’est pas un livre qui porte le label féministe même si on sent que cette influence est présente, avec une volonté de rompre avec des codes habituels autour de la BD érotique, à mon sens assez ringard et assez macho. C’est un message sur la relation et la place de l’homme et de la femme dans le couple. Même si le ton est léger. Lire la suite