Snjor de Ragnar Jonasson

Grand lecteur d’Agatha Christie, de P.D. James et de Peter May, Ragnar Jónasson est la nouvelle coqueluche du polar islandais. Et nous, on lui trouve bien du talent, à ce cher Ragnar.

Un polar efficace. Prenez un jeune policier tout juste sorti de l’école de police, sympa, tout bien comme il faut, qui mène une existence banale auprès de sa blonde, à Reykjavik. Pour sa première affectation, envoyez-le dans un coin perdu, Siglufjördur (rien que le nom vous donne l’envie de fuir), ville où il ne connaît personne mais où tout le monde se connaît.
Dès son arrivée, des choses inhabituelles viennent semer le trouble dans cet endroit d’apparence bien tranquille : un vieil écrivain fait une chute mortelle, le corps d’une jeune femme est retrouvé, étendu dans la neige… Et nous on l’aime bien Ari, alors on le plaint. A peine débarqué, il est sommé de faire ses preuves. Et nous, on aimerait bien qu’il y arrive et que l’enquête soit bouclée fissa, qu’il puisse retrouver sa copine dans son appart de Reykjavik.

Même si les ficelles sont parfois un peu visibles, le scénario tient bon. La lecture de Snjór devient rapidement addictive. On se laisse embarquer sans résistance dans cette histoire qui nous happe et ne nous lâche plus. Une petite lecture sympa, et il n’y a pas de mal à cela. Sauf que…

Arnaldur Indridason a-t-il du souci à se faire ? Certes, Ari Thór n’est pas Erlendur. Mais ce jeune policier nous plaît bien. En mûrissant, le personnage de Ragnar Jónasson pourrait bien égaler la stature du héros d’Indridason. Et l’auteur raconte l’Islande, avec son âpreté et sa rudesse, comme le fait Indridason : c’est peut-être ce qui nous plaît le plus, au fond.

Il n’y a donc pas de mal à faire quelques infidélités à Arnaldur (il n’en saura rien et je pense fondamentalement qu’il s’en fout), d’autant plus que la deuxième enquête d’Ari Thór, Mörk, est sortie cette année aux éditions La Martinière…

Marisa, 30 octobre 2017 

Publicités

Déneiger le ciel d’André Bucher

andre-bucher-deneiger-le-ciel-liseuses-de-bordeaux

Voilà aux éditions Sabine Wespieser un petit bonheur de lecture pour cette nouvelle année !

Vous le lirez sans doute d’une seule traite, et l’idéal serait de le lire au coin d’un feu, alors qu’il neige au dehors… Mais à défaut de montagnes et de flocons, l’auteur saura vous emmener, un 23 décembre, dans une rude nature qui confronte parfois l’homme à son histoire, ses limites et ses ressources.

L’histoire est celle d’une nuit bien insolite au fond d’une vallée reculée des Alpes… Pour la première fois depuis vingt ans, David ne partira pas déneiger les routes avec son tracteur. David est veuf. Il est seul dans sa ferme isolée et attend la visite de son « presque » fils. Le jeune homme a annoncé sa venue tardivement et a décidé de finir le trajet à pied, malgré la tempête. Le ciel n’est plus qu’un rideau de neige, le froid gèle les cascades. David s’inquiète…. Il part alors à la rencontre de ce « presque » fils, sur les chemins de silence et de glace. Lire la suite