Quatre jours sans ma mère, de Ramsès Kefi

Il y a ce que j’ai aimé dans ce roman et dont vous parleront les très bonnes critiques qu’il a reçues : ce roman est drôle, fin, tendre, juste… Les personnages y existent de manière manifeste et crèvent chaque page, le père Hédi, la mère Amani, le fils Salmane qui nous pilote dans l’histoire, le pote Archie, d’autres encore et « La Caverne », ce lieu où ils vivent et où l’on vit avec eux, parcourant tous ses recoins en soi sinistres, moroses mais ce n’est pas avec cet œil-là qu’on les parcourt. La Caverne, 7 tours HLM dotées de noms d’oiseaux plantées à l’orée d’une forêt certes mais relayées par un seul bus qui s’arrête loin avec à proximité un supermarché qui a fermé et dont Le Parking, personnage lui aussi à part entière du roman, est squatté.

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Tressaillir, de Maria Pourchet

Dans Haute-Folie (Quoi offrir pour Noël), Antoine Wauters nous entraînait dans les arcanes d’une archéologie familiale, ici aussi il s’agit d’archéologie, à l’échelle d’une vie, celle de Michelle. Si en effet, le Josef d’A. Wauters obéit à des évènements qu’il n’a pas connus mais qui guident ses choix et ses renoncements, l’héroïne de Tressaillir éprouve le même besoin de remonter aux sources mais aux sources de ce qu’elle a vécu elle enfant, vécu mais… sous-estimé, enfoui, oublié, pas compris… ?

Qu’est-ce qui fait que l’on arrive à lire en soi et à se comprendre ou que perpétuellement on s’évite, telle est pour moi l’une des questions phares de ce très beau roman.

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Le gosse, de Véronique Olmi

Et l’absence soudain est partout, elle s’est infiltrée dans sa vie et elle le réveille quand il dort, le surprend quand il est occupé, le sidère aux moments les plus inattendus. Elle est en lui et autour de lui aussi, portée par des femmes qui sourient en chantonnant, des hommes sortant d’un café, des militaires en permission, des inconnus différents et multiples, à travers lesquels elle dit toujours la même chose : le monde est séparé en deux. Le monde est coupé, difficile à comprendre, il n’y a qu’une chose à faire : s’y habituer. 

Cette absence douloureuse, c’est celle que ressent Joseph, un petit parisien de 8 ans qui voit sa vie se déchirer suite au décès de sa mère.

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Arthur, son ange – L’échappée belle édition

Ne vous fiez pas à la couverture bleu outremer ni au titre de ce roman. Rien d’angélique dans cette histoire. En 127 pages, Laure Beaudonnet nous entraîne dans l’âme perturbée d’un enfant. C’est glaçant et incisif. Avec ce premier roman très réussi, l’auteure s’intéresse à la naissance des psychopathes. Journaliste, elle a étudié la psychologie et s’interroge sur ce qui entraîne un être à basculer pour devenir un meurtrier. La mère d’Arthur aurait préféré avoir une fille, elle a dû subvenir seule à l’éducation de son enfant et a entretenu une relation nocive avec son fils lorsqu’il était petit. Mais rien qui justifie l’engendrement d’un monstre en devenir. Laure Beaudonnet utilise la troisième personne ce qui permet de comprendre le point de vue de chaque protagoniste :

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