L’homme semence

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Voilà quelques pages qui sont un véritable minuscule trésor… A vous offrir à vous-mêmes, comme à celles (ou ceux) avec lesquelles (lesquels) vous voudriez partager ce récit poétique sur la maternité, l’amour, les liens entre les hommes et les femmes pour perpétuer la vie, leur désir.

Voilà une singulière histoire écrite en 1919 par Violette Ailhaud, restée au secret d’un office notarial pendant plus de trente ans, pour être enfin dévoilée, et transmise.

A cette période de l’histoire, son village des Basses-Alpes est soudain privé de ses hommes, mobilisés pour réprimer un mouvement républicain. Pendant plus de deux ans, le village est plongé dans l’isolement.
Il en va de la survie, les femmes organisent la vie au village, reprenant à leur compte les travaux des champs.

Mais il n’y a plus que des femmes, nombre d’elles n’ont pas encore porté en elles la vie, chacune se questionne…. Comment pourront-elles vivre la maternité, comment le village pourra perpétuer la vie ? Alors elles se réunissent et tissent ensemble un pacte : lorsque le premier homme entrera dans le village, il deviendra leur homme à toutes.

C’est alors que le serment devient réalité. L’homme se laisse apercevoir à la lisière du village, alors que les femmes sont occupées aux fenaisons. Elles se souviennent, glacées d’effroi et de désir, le serment qui les lient. Elles offrent le gîte et le couvert contre menus travaux, et peu à peu il entrera dans la vie de ces femmes. Il accomplit sa besogne avec l’amour du travail bien fait. Il aime et engendre. La vie retrouve ses droits, mais aussi le désir charnel… C’est Violette Ailhaud qui nous le conte.

Laissez vous aller à cette magnifique histoire, et la poésie et la simplicité de sa langue….

Laetitia, 27 août 2019

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Déneiger le ciel d’André Bucher

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Voilà aux éditions Sabine Wespieser un petit bonheur de lecture pour cette nouvelle année !

Vous le lirez sans doute d’une seule traite, et l’idéal serait de le lire au coin d’un feu, alors qu’il neige au dehors… Mais à défaut de montagnes et de flocons, l’auteur saura vous emmener, un 23 décembre, dans une rude nature qui confronte parfois l’homme à son histoire, ses limites et ses ressources.

L’histoire est celle d’une nuit bien insolite au fond d’une vallée reculée des Alpes… Pour la première fois depuis vingt ans, David ne partira pas déneiger les routes avec son tracteur. David est veuf. Il est seul dans sa ferme isolée et attend la visite de son « presque » fils. Le jeune homme a annoncé sa venue tardivement et a décidé de finir le trajet à pied, malgré la tempête. Le ciel n’est plus qu’un rideau de neige, le froid gèle les cascades. David s’inquiète…. Il part alors à la rencontre de ce « presque » fils, sur les chemins de silence et de glace. Lire la suite

Un homme, ça ne pleure pas

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Le titre est éloquent et évoque, d’emblée, quelques tabous sociétaux et les places bien séparées des hommes et des femmes. Faïza Guène nous offre ici un superbe roman dans lequel nous suivons pas à pas le chaos d’une famille algérienne, empêtrée dans des conflits intergénérationnels nés de l’acculturation.
Un père, ancien cordonnier, analphabète, tente de s’adapter à d’autres destins pour ses enfants. Une mère, une mère « pieuvre », dévorante d’amour autant que nourricière, agrippée à ses propres repères de femme. Des enfants qui grandissent et dont la liberté fait peur.
C’est une jolie histoire de destins croisés, et de frères et sœurs si différents… Le texte est léger, semé d’humour, un texte qui ne juge pas.

Et puis de très beaux passages…

Les joues de ma mère sont douces et encore bien rebondies. Ses rides, ce sont les lignes du livre qu’elle n’a jamais pu écrire. C’est l’histoire de sa vie qui se dessine dans le coin de ses yeux. Les plis sur son front, ce sont autant d’inquiétudes, d’attentes à la tombée de la nuit…

Laetitia, 19/02/2016

Les nuits de la laitue de Vanessa Barbara

les-nuits-de-la-laitue-vanessa-barbara-liseuses-de-bordeauxLes nuits de laitue, ce sont les nuits où Ada fait une tisane de laitue à Otto, les nuits où il n’arrive pas à trouver le sommeil. Et il y en a beaucoup !
La dernière en date a provoqué chez le pauvre homme toute une nuit de cauchemars. A moins que ceux-ci ne soient artificiels… Mais que voulait donc lui cacher Ada avant qu’elle disparaisse… Des voisins y seraient-ils mêlés ?
Des deux, c’était elle le lien du couple avec l’extérieur : elle aimait partager les histoires du quartier. L’auteur dresse pour cela toute une galerie de personnages hauts en couleur dont la maison d’Otto constitue l’élément central. Le vieil homme entend leurs bruits familiers aussi furtifs qu’assourdissants et apprend peu à peu à connaître son voisinage.

J’ai aimé ressentir la douceur sud-américaine que le livre transcrit et je me suis sentie appartenir à ce quartier. Je suis devenue une voisine d’Otto et un témoin du quartier qui écoutait à la fois les bruits, les rumeurs et les vies de ces personnages.

Berengère, 25 août 2015