Têtes hautes, de Cathy Ytak

J’avoue : si on me met un livre de Cathy Ytak entre les mains, j’y vais sans réfléchir. L’avantage de la connaître un peu et de beaucoup l’apprécier. Et si en plus ça parle de lutte féministe à une époque (nous sommes en 1924) où les femmes n’avaient pas leur mot à dire : alors j’y vais franco !

Têtes hautes pour parler de jeunes filles vivant en Bretagne, et qui « dès qu’elles sont en âge de porter une coiffe » vont travailler sans compter leurs heures dans une conserverie. C’est le cas de deux sœurs : Yarik et Angèle. Têtes hautes pour parler également d’Irina et de ses filles, Carol et Suzanne. Elles sont bourgeoises, vivent à Paris, n’ont pas de souci pour manger ou s’habiller, mais elles ont aussi, à leur manière, un grand besoin d’indépendance. Que ce soit par la volonté de travailler comme un homme, la façon de s’habiller ou le refus d’épouser un bon parti, elles veulent être libres de leurs choix. Alors qu’Angèle doit partir travailler à Paris au service d’Irina comme domestique, Yarig s’engage avec les autres penn sardin dans une grève pour qu’elles cessent d’être exploitées.

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La splendeur et l’infamie, de Erik Larson

Voici un livre qui se lit comme un roman mais qui n’en est pas un.

C’est un ouvrage historique qui suit presque jour par jour les événements se déroulant en Grande-Bretagne du 10 mai 1940 au 10 mai 1941, c’est-à-dire pendant la première année du gouvernement de Winston Churchill en tant que PM.  (Premier ministre). Son titre, La splendeur et l’infamie, distribue les rôles : celui de la Grande-Bretagne face à l’Allemagne nazie désireuse de négocier avec Churchill et finalement contrainte par son refus à la détruire. Un troisième acteur est poussé sur la scène par Churchill, les Etats-Unis avec son congrès et son peuple qui pendant de longs mois se demanderont chacun avec ses raisons « j’y va t’i, j’y vas t’i pas ? »

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Ces bordelais qui ont fait l’histoire, d’Isabelle de Montvert-Chaussy

Voici une bonne idée de cadeau de Noël, que vous soyez bordelais ou pas. Personnellement, je ne le suis pas et ça ne m’a pas empêchée d’apprécier ce bouquet de portraits étonnants qui m’a permis de découvrir des personnalités que je ne connaissais pas.  C’est le cas de l’affriolante Theresia Cabarrus qui, au 18e siècle, multiplie les amants, dont Tallien, l’homme fort de Danton. Ou encore Anna Hamilton, médecin et pionnière de la professionnalisation des infirmières au début du 20e siècle. Cet ouvrage permet également d’améliorer nos connaissances de personnes célèbres comme Rosa Bonheur, femme peintre, amie des animaux, ou Marie Laforêt, la fabuleuse chanteuse et comédienne. Non, il n’y a pas que des portraits de femmes ! Mais mon choix s’est porté instinctivement vers celles-ci. Que voulez-vous, on ne se refait pas ! Et c’est tout l’intérêt de ce livre : un index où chaque personne est identifiée par une phrase qui nous interpelle, et la possibilité de le lire de façon chronologique ou pas. Il y a évidemment Montesquieu, Mauriac ou Chaban-Delmas. Mais aussi Toulouse Lautrec, Cousteau, Danielle Darrieux et j’en passe. Isabelle de Montvert-Chaussy, journaliste à Sud-Ouest, brosse une cinquantaine de portraits d’une grande diversité en donnant à chacun le ton qui lui convient. 

Babeth, le 16 décembre 2021

Ces bordelais qui ont fait l’histoire, Isabelle de Montvert-Chaussy, Le Papillon Rouge Editeur.

Petit-déjeuner littéraire avec Laurent Gaudé

Nous étions 11 autour de Laurent Gaudé pendant ce moment privilégié, 11 personnes émues, hommes et femmes, de la plus jeune au plus vieux, tous admirent Laurent Gaudé. Il arrive ébouriffé et les yeux empreints de fatigue « Je ne suis pas du matin ». Alors on va y aller en douceur, ça tombe bien parce que doux et bienveillant c’est ainsi qu’il m’apparaît. Chacun se présente, donne les raisons de sa venue. J’entends « Je suis impressionné d’être là avec vous » ou « Le soleil des Scorta : une grosse claque, j’ai toujours ce livre avec moi ». Laurent Gaudé écoute et partage avec nous ce temps suspendu. Il est heureux de voir qu’un de ses livres peut déclencher un voyage, que la littérature peut impacter une vie. Retour sur les thèmes abordés.

La liberté dans l’écriture

« Ce que j’aime c’est l’aspect jouissif d’inventer. Dans un roman on peut écrire ce que l’on veut. Ce que je ressens lorsque j’écris, c’est cette grande liberté qui n’existe pas en écrivant une pièce de théâtre ou un scénario pour le cinéma. Dans le roman, la seule boussole c’est la cohérence de son propre objet. J’ai besoin d’un cadre et d’une architecture assez précise, d’un plan, mais je ne sais pas comment le paragraphe va se terminer. Je sais à peu près où vont mes personnages, mais parfois ils prennent plus ou moins de place, et je suis surpris de voir comment ils ont évolué. »Lire la suite »