Un homme, ça ne pleure pas

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Le titre est éloquent et évoque, d’emblée, quelques tabous sociétaux et les places bien séparées des hommes et des femmes. Faïza Guène nous offre ici un superbe roman dans lequel nous suivons pas à pas le chaos d’une famille algérienne, empêtrée dans des conflits intergénérationnels nés de l’acculturation.
Un père, ancien cordonnier, analphabète, tente de s’adapter à d’autres destins pour ses enfants. Une mère, une mère « pieuvre », dévorante d’amour autant que nourricière, agrippée à ses propres repères de femme. Des enfants qui grandissent et dont la liberté fait peur.
C’est une jolie histoire de destins croisés, et de frères et sœurs si différents… Le texte est léger, semé d’humour, un texte qui ne juge pas.

Et puis de très beaux passages…

Les joues de ma mère sont douces et encore bien rebondies. Ses rides, ce sont les lignes du livre qu’elle n’a jamais pu écrire. C’est l’histoire de sa vie qui se dessine dans le coin de ses yeux. Les plis sur son front, ce sont autant d’inquiétudes, d’attentes à la tombée de la nuit…

Laetitia, 19/02/2016

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Entretien avec Arnaud Cathrine

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Lors de sa venue à Bordeaux, Arnaud Cathrine nous a accordé cet entretien, le 23 janvier 2014, en toute simplicité.

Beaucoup de vos livres s’ouvrent sur une citation en exergue. Est-ce important pour vous de mettre votre texte en résonance avec le texte d’un autre auteur ?
Oui. Je l’ai fait depuis le début. Dans Nos vies romancées d’ailleurs, je rends hommage à un certain nombre d’auteurs de chevet. En tant qu’auteur et en tant qu’individu, je suis un grand admirateur. Je trouve très exaltant d’admirer et de se nourrir des autres. Ce n’est pas citer pour citer. Certains textes ont été accompagnés et nourris par des auteurs. Ce sont des miroirs éclairants pour le lecteur. Et ce sont des dettes, tout simplement. Je crois que je pourrais même m’en tenir à cela, ce sont des reconnaissances de dettes. Citer un auteur, c’est signifier d’emblée que quelqu’un nous a aussi aidé à aller là où on est allé. Lire la suite