Les solidarités mystérieuses

A travers l’histoire de Claire, Pascal Quignard écrit un récit polyphonique sur l’amour et la solitude.

Tandis que dans Villa Amalia (2006) Juliette quittait tout pour recommencer une nouvelle vie, l’héroïne de ce récit, Claire, retourne à ses origines, dans ce lieu où elle a passé son enfance. Elle renoue avec son passé, son premier amour Simon et son frère, Paul.

Pour la première fois, Pascal Quignard décrit les relations liant un frère à sa sœur. Ce qui l’intéresse, ce sont les liens unissant ces deux êtres, liens anciens qui remontent à la plus tendre enfance. Solidarité mystérieuse est ce lien de fratrie unissant Paul et Claire, solidarité mystérieuse aussi, mais différente, qui lie Claire à son premier amour, Simon.

En choisissant de revenir sur les lieux de son enfance, Claire est comme happée par ces paysages, ces chemins qu’elle a arpentés enfant. Petit à petit, au fil du récit, elle se fond dans la lande, les rochers, la mer. Elle fait corps avec les éléments.

Encore une fois, le style de Pascal Quignard sublime ce récit magnifique. Dans la dernière partie du livre, l’auteur choisit de donner la parole à différents personnages, « voix sur la lande », voix murmurant l’histoire de Claire, la femme élément.

Marisa

Le chagrin

de Lionel Duroy

J’ai lu, mai 2011

Je n’avais jamais lu Lionel Duroy mais je croisais régulièrement son nom et ses titres dans des articles de presse. La perspective des vacances me fit chercher un roman bien dense, je choisis « Le chagrin », 734 pages dont je ne savais rien. A peine la lecture entamée, me voici happée par un récit autobiographique tellement extraordinaire que j’ai dû à plusieurs reprises me rappeler que les personnages et les situations rapportés par l’auteur avaient réellement existés !

De la naissance de l’auteur au sein d’une famille qui comptera jusqu’à 11 enfants jusqu’à l’acte d’émancipation final, le récit rend compte du combat acharné pour exister  ….ou comment se libérer des liens du sang. Magistral  et poignant !

Hélène

La fille du fossoyeur

C.J. Oates est née en 1938. C’est une auteure américaine très féconde qui sort un livre par an (Les Chutes: prix Femina en 2005).

Dans ce roman, Oates dresse un portrait de femme, comme elle le fait souvent : victimes soumises au bon vouloir des hommes (autorité du père; domination sexuelle des hommes ), ballotées dans les tourmentes politiques, forcées de s’adapter aux circonstances économiques. Mais cette «fille du fossoyeur» va à sa manière prendre son destin en main et accepter d’aller vers ce qui est bon pour elle et respecte sa dignité.
«J’ai su alors qu’un homme pouvait aimer… Un homme peut être bon. Il n’est pas forcé de vous faire du mal.»
Rebecca est la fille de juifs allemands qui fuient le régime nazi et se réfugient dans une petite ville américaine.R est à la limite de deux mondes, elle naît en 1936 sur le bateau qui entre dans le port de New-York. Américaine donc. Lire la suite »