Brûler grand, de Juliette Oury 

« Je n’y arrive plus. » Voilà ce que dit Émilie Bosquet, substitute du procureur, à Myriam, la thérapeute qui va l’accueillir dans son centre pendant une semaine. Un temps pour se poser et prendre soin de soi. Mais Émilie, son job, c’est de s’occuper des autres. C’est pour ça que son téléphone sonne jour et nuit. Pour être au service de la Justice. Au service. Comme un bon petit soldat. Mais aussi parce qu’être, constamment sollicité au travail, donne une sensation de puissance. Se sentir utile voire indispensable. C’est ce que vivent les pensionnaires du centre de soin qui partagent avec elle les symptômes d’un épuisement professionnel, et toutes sont dans le besoin de bien faire.

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Je suis Romane Monnier, Delphine de Vigan

Quel type de rapport au monde et aux autres crée le fait de détenir, de consulter et d’échanger en permanence à partir de nos téléphones portables ? En quoi ce moyen de communication a transformé structurellement notre façon de communiquer, d’observer, de regarder les autres et de nous regarder nous-mêmes ?

Nos téléphones portables disent beaucoup de nous, de nos désirs, de nos quêtes, de nos peurs, de nos limites aussi. Que tout passe dorénavant par ce filtre en constitue une de limite, devenue indépassable, source d’asservissement, de coloration immédiate de toute chose. Nos téléphones nous imposent une forme, un rythme, une temporalité, une façon de nous exprimer et donc de penser, une façon de faire certains choix aussi (ne parle-t-on pas d’objets, de lieux, d’évènements «instagrammables» ?).

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