Conversation autour du dernier Philippe Besson

Edith et Babeth ont beaucoup aimé le dernier Philippe Besson, Arrête avec tes mensonges paru en janvier chez Julliard. Elles nous livrent leurs impressions…

Babeth : Edith tu ne m’avais pas menti, ce roman est bouleversant. Les mots de Philippe Besson nous accrochent les tripes. L’auteur croise à Bordeaux un jeune homme qui ressemble à son premier amour : Thomas. Rien de plus normal puisqu’il s’agit du fils de ce dernier, Lucas. Philippe Besson nous raconte son adolescence dans une petite ville de province, Barbezieux, où il a vécu un amour inachevé avec Thomas. Philippe Besson a une vie publique, mais Thomas lui, qu’est-il devenu ? Cette histoire d’amour l’a-t-elle bouleversé aussi ? J’ai aimé cette narration qui avance comme une intrigue.
Et toi Edith, pourquoi as-tu aimé cette autofiction ? 

Edith : Ce qui me touche d’abord ce sont ces deux garçons ordinaires que l’on a tous connus au lycée ! L’intello et le beau gosse qui vivent dans deux univers différents mais qui partagent secrètement une histoire d’amour intense qui va les marquer à vie. Le personnage de Thomas est encore plus attachant car il gâche au fond sa vie en n’assumant pas l’attirance qu’il a pour les garçons et en se pliant aux exigences de sa condition.
Ensuite, je trouve très touchant que Philippe Besson nous rende compte, au fur et à mesure des pages, combien cette relation courte a influencé ses différents livres
« Un jour, j’écrirai sur les bateaux qui s’en vont, et sur les adieux qu’ils lancent quand ils prennent le large, j’écrirai l’histoire d’une femme sur le quai du port de Livourne qui regarde les bateaux partir. Je me remémorerai précisément le bruit mat de la sirène, dans mon oreille, quand fini l’été 1984. un vrombissement qui meurt peu à peu. »
Enfin, je trouve son écriture tellement fluide qu’elle met en valeur les protagonistes et qu’on oublie totalement que l’écrivain nous livre sa propre histoire.
Babeth et Edith, mai 2017
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Le chagrin

de Lionel Duroy

J’ai lu, mai 2011

Je n’avais jamais lu Lionel Duroy mais je croisais régulièrement son nom et ses titres dans des articles de presse. La perspective des vacances me fit chercher un roman bien dense, je choisis « Le chagrin », 734 pages dont je ne savais rien. A peine la lecture entamée, me voici happée par un récit autobiographique tellement extraordinaire que j’ai dû à plusieurs reprises me rappeler que les personnages et les situations rapportés par l’auteur avaient réellement existés !

De la naissance de l’auteur au sein d’une famille qui comptera jusqu’à 11 enfants jusqu’à l’acte d’émancipation final, le récit rend compte du combat acharné pour exister  ….ou comment se libérer des liens du sang. Magistral  et poignant !

Hélène