La vie impossible d’Eduardo Berti

Actes Sud, 2003images

La vie impossible d’Eduardo Berti est un recueil de micro-fictions, ces récits courts allant d’une phrase à 3 pages maximum. Le superflu n’y a pas cité, l’écriture allant à l’essentiel. Genre plutôt récent, Eduardo Berti s’explique sur son goût pour les histoires courtes : « J’ai grandi en lisant des nouvelles. J’aime la forme courte depuis toujours. Et je n’aime pas qu’on considère que les nouvelles sont au roman ce que les court-métrages sont parfois aux long-métrages : un moyen d’apprentissage. Je sens que j’ai une tendance naturelle aux textes assez courts : en fait, mes romans ne sont pas très longs et, parfois, ils sont même composés de fragments ou de petits chapitres. »

Tantôt absurdes, tantôt fantastiques, toujours pleines d’imagination, les histoires racontées dans La vie impossible laissent au lecteur la possibilité d’en imaginer la genèse, ou la fin, c’est selon. Elles peuvent déconcerter ou faire sourire. A lire pour se faire surprendre.

Florence

Sunset Park

de Paul Auster, Actes Sud, 2011

Paul Auster trouve avec ce 18ème roman un nouvel élan, un nouveau souffle, après la mauvaise passe de Dans le scriptorium et Seul dans le noir.  Le personnage principal de ce roman, Miles Heller, quitte famille et études, hanté par la mort accidentelle de son demi-frère, Bobby. Après plusieurs petits boulots, il s’installe en Floride où il vide les maisons saisies aux victimes des subprimes. Par amour pour Pilar, il part se réfugier à Brooklyn dans une maison abandonnée qu’il partage avec d’autres squatteurs. Amérique de l’après 11 septembre, personnages en marge d’une société fragilisée par la crise financière, Paul Auster-le-mélancolique décrit une jeunesse en désillusion, sans repères dans l’époque qui est la nôtre.
Un très beau livre servi par la très belle traduction de Christine le Boeuf.

A écouter : Paul Auster lit un extrait de Sunset Park


Par Marisa

La bicyclette statique

de Sergi Pamiès

Editions Jacqueline Chambon, 2011.

Un article repéré dans le magazine Causette ma donné envie de feuilleter le nouveau livre de cet auteur catalan, traducteur d’Echenoz, de Toussaint et d’Amélie Nothomb.

La fantaisie du titre m’a plu, et je n’ai pas hésité bien longtemps avant d’acquérir ce recueil de nouvelles, dont aucune ne parle de bicyclette, encore moins de bicyclette statique… Et je n’ai pas été déçue.

Certes, il serait faux de dire que j’ai tout aimé dans ce livre, mais beaucoup de nouvelles m’ont plu par leur poésie, leur humour insolite ou leur douce nostalgie.

Tout le long de ce recueil, l’auteur apostrophe le lecteur, le prend par la main pour l’emmener au coeur de vies et décors imaginaires. Ainsi baladé de récit en récit, le lecteur avance de surprise en surprise et doit marquer un temps de pause entre chaque nouvelle, pour mieux la laisser agir, pour la savourer.

Si je devais choisir deux nouvelles, ce serait sans aucune hésitation « Une année de chien équivaut à sept années d’être humain » et « Mister Trujillo ».

A lire donc, avec délectation !!!

par Marisa