Offrez des livres ! Ils s’ouvrent comme des boîtes de chocolats et se referment comme des coffrets à bijoux

Quelle belle accroche ! Comme Bernard Pivot, je suis d’avis qu’offrir des livres reste toujours (ou presque) une excellente idée. D’autant plus en cette période de fêtes où trouver le cadeau idéal reste pour la majorité d’entre nous, un énorme casse-tête. Opter pour un livre reste un choix engagé, tout particulièrement quand on décide de l’offrir à un enfant. Le monde de la littérature jeunesse regorge d’albums en tout genre, tous plus attrayants les uns que les autres et il peut être difficile de s’y retrouver. Donc si vous êtes enchanté par la littérature jeunesse ou simplement en panne d’idées pour vos enfants ou petits-enfants, cet article est fait pour vous. Vous y trouverez des auteurs et maisons d’édition qui ont retenu mon attention.

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Dès que sa bouche fut pleine, de Juliette Oury

Aimeriez-vous vivre dans un monde où le sexe aurait pris le rôle social de la nourriture ? Où il serait naturel de baiser 3 fois par jour, avec conjoint, collègues ou amis. Où manger ferait partie de la sphère intime. C’est la dystopie que Juliette Oury a imaginée dans son roman Dès que sa bouche fut pleine. Nous suivons la vie de Laetitia et Bertrand, leur couple, les soirées où l’on se retrouve pour se mélanger et non pour un bon repas entre amis. Une soirée sans chichi, à la bonne banquette ! Il y a aussi la vie professionnelle : point de salle café mais une salle détente avec distributeurs de capotes. Comme la nourriture est tabou, on en parle beaucoup. Notamment des réseaux de cuisine clandestine, et de l’arrestation de madame Reine Claude. Pour se nourrir, on mange des barres sans arômes.

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Western, de Maria Pourchet

Un salaud peut-il être aimable ? Ce point ne sera pas tranché car comme dans les westerns, il n’y a pas vraiment de morale. La question serait trop complexe à aborder : les cowboys exterminent les indiens mais en même temps les indiens savent être sans pitié et puis, que font les cowboys si ce n’est protéger les leurs et accomplir leur destin ? Alors…

Alors, on saura en revanche qu’un salaud peut être aimé. Ça on le savait déjà me direz-vous mais a-t-on encore le droit de le dire et plus encore d’écrire une histoire là-dessus aujourd’hui ? C’est en ça que Western (prix de Flore 2023) décoiffe.

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Triste tigre, de Neige Sinno

« La littérature ne [l’a] pas sauvée ». Elle lui a juste permis d’écrire à quel point elle ne l’a pas sauvée, à quel point rien ne peut « sauver » d’un inceste qui reste logé là, en plein milieu de celui qui l’a subi, en son centre. La littérature lui a juste permis d’arriver à la justesse, la seule forme de justice possible : dire les choses telles qu’elles se sont produites, puisque tout autre forme de justice est inaccessible. Rien ne peut compenser, apaiser, permettre de tourner une page, pas même la punition de l’autre, la peine de prison, qui n’enlève pas de poids si ce n’est celui de la culpabilité qu’il puisse recommencer avec d’autres tant que les choses n’auront pas été nommées, exposées au grand jour. Nommer les choses pour essayer d’empêcher que ça se reproduise. Nommer pour que l’inceste cesse de n’être que l’affaire de celui qui l’a subi car faire de l’inceste une affaire privée, personnelle, constitue pour les victimes rien moins qu’une double peine.

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