Les partisans, de Dominique Bona

Dominique Bona, académicienne, romancière et biographe talentueuse (elle a écrit une biographie de Stefan Zweig, de Romain Gary, de Berthe Morisot ou de Paul et Camille Claudel) nous offre, depuis la publication des Partisans en 2023, la possibilité d’un moment de lecture passionnant et pour mon compte, passionné.

Qui sont donc ces Partisans ? Joseph Kessel et Maurice Druon. Des noms qui éveillent de merveilleux souvenirs de lecture chez ceux qui sont nés au mitan du vingtième siècle. Mais se souvient-on aujourd’hui de ces deux hommes, au moins sous leur identité d’écrivains ? Car ils furent en leur temps deux monuments de notre histoire littéraire dont les œuvres telles que L’armée des ombres, la passante du Sans-souci, Belle de jour, Le Lion pour Joseph Kessel ou Les grandes familles, les Rois Maudits pour Maurice Druon eurent un succès retentissant et durable et parfois planétaire.

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Charlotte, de David Foenkinos. Le coup de cœur de Pauline.

C’est l’histoire d’une fascination. Celle qu’a éprouvée David Foenkinos quand il a découvert l’œuvre de Charlotte Salomon, artiste peintre d’origine allemande et de confession juive, décédée à l’âge de 26 ans. Il s’est senti happé par ses peintures, comme quand on sait, au fond de soi, être en proie à une douce intrusion. Comme une sensation de familiarité, une sorte de vibration interne que l’âme reconnait. Il commence alors un travail de recherche qui durera 8 ans, allant même jusqu’en Allemagne pour découvrir qui était Charlotte, sa vie, son histoire et son destin tragique.  

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Vie sauvage, de Philip Rohr

Mais où va-t-elle ? C’est la question que je me suis posée pendant tout le roman. Claudia vient de quitter le domicile conjugal. Elle part, elle a besoin de réfléchir. Une semaine. Et elle va abandonner sa voiture sur une aire de repos. Marcher le long de l’autoroute, mettre cent fois sa vie en danger. Elle marche, nuit et jour, dans les bois, dans la ville. Claudia regarde les êtres qu’elle rencontre dans la rue, dans les bars. Leur colère, leur solitude. Pour se confronter à ses propres sentiments de tristesse, d’abandon, de colère et d’isolement. Ou peut-être pour oublier, pour en finir. C’est lent et en même temps c’est happant. Comme tout lecteur, je veux savoir ce qu’elle nous cache. Pourquoi cette errance ? Que cherche-t-elle ?

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Pluie et vent sur Télumée Miracle, Simone Schwarz-Bart

J’ai découvert Simone Schwarz-Bart dans l’émission L’heure bleue sur France Inter, je me rappelle très bien de sa langue riche, suave, de la profondeur que prenaient ses mots, de l’ampleur de leur prononciation, de la rondeur de l’accent caribéen, cet accent qui donne un relief particulier aux mots, qui nous fait les redécouvrir. Et je me souviens de l’histoire de sa vie, la rencontre très jeune avec son futur mari, André Schwarz-Bart, et l’œuvre commune ayant guidé toute leur vie : dire l’esclavagisme et la Shoah, rapprocher les expériences vécues de l’exil et de l’esclavage (même si son initiative « d’homme blanc » voulant porter une parole sur l’esclavagisme fut, déjà à l’époque, très tristement délégitimée).

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